La Non-Dualité, concept d'origine sanskrit (advaita), se vit plus qu'elle ne se définit. Elle est le vécu de l'unité absolue de tout ce qui est, de la Conscience et du monde, selon l'expression de Jean Klein, les yeux grands ouverts sur le monde tel que vous le voyez, et non pas un samadhi méditatif ou une transe lointaine, fruit d'une ascèse rigoureuse dans les froidures himalayennes. Et cette expérience* inouïe qui volatilise la conscience restreinte et séparatrice du "moi" survient souvent spontanément, c'est-à-dire sans technique, et sans motif. Les hommes les plus divers ont eut la grâce de la goûter et certains ont pu même en parler, ce qui n'est pas facile. Elle bouleverse définitivement la vision de celui qui l'expérimente. Elle peut survenir aussi à la suite d'une pratique spirituelle, guidée par un maître réalisé. Mais ceci n'est nullement indispensable, à la différence de voies techniques yoguiques et autres pratiques d'éveil de kundalini. Et, ce qui est plus intéressant, cette expérience peut survenir à la simple lecture de textes non-dualistes. *Et même le terme "expérience" ne rend pas compte de ce que l'on peut dire de la non-dualité, qui est Ce qui sous-tend toute expérience et toute manifestation, et qui ne change jamais.
Ajoutons à cela que la non-dualité ne s'oppose pas à la dualité : elle la couronne. Il ne s'agit pas de dépasser la dualité, mais de l'accepter tout à fait, en tant que dualité, dans ses paires d'opposés enfin mis en relation paires par paires duelles, alors que souvent nous avons tendance à aspirer à un des opposés en fuyant l'autre : vouloir l'amour et fuir la haine, aspirer à la lumière et fuir l'ombre, par ex. Nous accueillons alors la manifestation dans toutes ses dimensions, et c'est cet accueil inconditionnel qui ouvre à la non-dualité. Autrement dit, accepter la dualité, c'est trouver la non-dualité.
Et comme le "moi", l'ego, se nourrit justement de "j'aime ceci et j'aime pas cela", accepter la dualité, c'est aussi accepter de dépasser cette représentation limitante du "moi-je", celle de se croire séparé du monde et des autres.
Nous avons regroupé sur ce site non-dualite.fr quelques uns des messages les plus éloquents et les plus accessibles, celui des philosophes et des mystiques, des francs-tireurs et des sages. Libre à vous d'approfondir chacun des auteurs suivant votre feeling et vos affinités.
Les traditions spirituelles culminent parfois dans l'expérience de non-dualité, surtout en Orient, où la vision impersonnelle de la Déité aide à dépasser les concepts réducteurs qui séparent le pratiquant de Dieu, dans les traditions occidentales. Alors qu'au fond, même en Occident, des maîtres comme Eckhart ont goûté clairement à cette unité sans nom et sans pensée, mais n'ont pas toujours osé en parler publiquement.
Si l'on devait situer dans l'espace temps la non-dualité, nous pourrions dire que c'est en Chine, par le Ch'an et Hui Neng qu'elle fut exprimée le plus purement. Mais nous allons voir que toutes les traditions, peu ou prou, mènent à l'essence non-duelle, pourvu qu'elles soient basées sur l'expérience intérieure, et non pas seulement sur des lettres mortes...
Nous avons distingué deux entrées pour nos pages, une, directe, par les auteurs non-duels, et une autre par les traditions, ce qui vous permettra, ou de lire directement des écrits, dont beaucoup se situent en fait hors de toute référence, ou bien de situer le phylum évolutif et culturel de la non-dualité à travers des approches traditionnelles précises.
La non-dualité répond à la question : « Qui suis-je? ». Question que nous nous sommes tous posé un jour. Ramana Maharshi en a fait l'interrogation essentielle et guide de la quête de Soi. Se poser cette question ouvre un chemin dont on imagine rarement l'issue, si l'on ne se contente pas des réponses habituelles « je suis Untel », « je suis moi »... Et cette issue peut être la non-dualité, si nous sommes mûrs pour abandonner les représentations dans lesquelles nous nous sommes emprisonnés.
C'est ainsi que nous pouvons passer de « je suis moi » à « (je suis) Cela ».
Enfin, nous avons pensé que quelques rares personnes parmi nos visiteurs avaient aussi vécu cette expérience édifiante de la non-dualité. Si c'est votre cas, vous pouvez publier ici votre histoire en soumettant un article, après être devenu membre. Également, les articles philosophiques, psychologiques, sociologiques, voire historiques concernant la non-dualité pourront trouver dans ces pages publication. En résumé, vous êtes bienvenus sur ce site. Puissent ces lignes vous faire entrevoir ce qui demeure entre elles, depuis l'origine et avant!
Swami Prajnanpad est un brahmane indien du Bengale, héritier de la grande tradition religieuse hindoue, familier des textes traditionnels : Veda, Upanishad, Vedänta, Sâmkya, bouddhisme et tantrisme, qu'il interprète avec une vision nouvelle, parfois assez étonnante. Ce fût également un lecteur de Freud, dès 1925, au point qu'il incorpora dans sa pratique spirituelle une sorte de psychanalyse sur le divan qui lui semblait apporter une technique de purification des émotions et des traces latentes de l'inconscient, pour permettre d'être vraiment ici et maintenant. Il appela cette méthode, reprise depuis par certains de ses disciples, le lying.
Par ailleurs, c'était un professeur de physique, et toute son approche spirituelle a bénéficié d'une rigueur toute scientifique, tant pour l'expérimentation, la validité des méthodes employées que pour la validation des résultats : "Qu'est-ce que la science ? Uniquement la rcherche de la vérité! " disait-il ... aucune opposition à la connaissance de soi, n'est-ce pas... Swamij a quitté son corps en 1974.
Ce sont ses disciples occidentaux, Daniel Roumanoff, puis surtout Denise et Arnaud Desjardins, qui firent connaître l'enseignement de Swami Prajnanpad ici, en France. Mais depuis, d'autres disciples indiens font découvrir au public occidental leur propre vécu de cet enseignement dont voici, par les écrits de R. Srinivasan, quelques lignes. Elles sont intéressantes avant tout par leur simplicité.
Swami Prajnanpad
Se déséduquer: Abandonner les idées, opinions, préjugés, attirances et répulsions, oui-dires, superstitions, traditions, croyances... puis ensuite:
Se rééduquer : Il faut calmement examiner ce qui est. Mettre de côté ce que vous n'avez pas examiné vous-même. Vous pouvez alors reconstruire une structure solide, juste et ouverte à la connaissance directe. Garder le vrai, éloigner le faux. Vous verrez alors que peu d'informations sont vraies. De première main. Les autres demandent complément d'informations. Mettez-les de côtés jusqu'à ce que vous ayez assez de documentation pour conclure, mais pas avant.
La différence : La première grande vérité. Parmi les milliards d'êtres et de choses, aucune n'est tout-à-fait semblable à une autre. Alors évitons de faire des associations par analogie, et sachons voir ces différences. On voit des ressemblances qui n'existent pas. C'est dû au manque de raffinement de notre vue. Avoir une vision fixe et rigide du monde extérieur est l'expression de l'ignorance et la cause de tous nos malheurs. Tout change, tout est différent mais nous ne réussissons pas à le percevoir. Nous voyons toujours ce que nous voulons voir. C'est l'illusion (Maya), un voile devant nos yeux, qui nous empêche de voir ce qui est. Fondamentalement, ce qu'il faut voir, c'est que tout est différent. Je suis ici, tu es là. Les deux sont différents.
Puisque tout est différent, personne ne peut s'attendre que l'autre agisse d'une manière particulière. Puisqu'il est différent, il ne peut que se comporter différemment. Il ne pourrait agir de la manière qui vous convient que s'il était vous, ce qui n'est pas le cas et si la situation dans laquelle il se trouve était la même que vous. Ainsi il faut essayer de comprendre les autres plutôt que de leur attribuer le qualificatif de bon ou mauvais. C'est ainsi que vous pouvez dépasser les différences et percevoir le caractère unique de chaque chose.
Le changement : Deuxième grande vérité. Tout change partout et toujours. Ce qui rajoute une nouvelle dimension au déploiement des différences. Le changement, c'est la différence dans le temps. Y a-t-il une base derrière ces apparences ? Quelque chose de permanent ? Oui. C'est l'arrière plan sur lequel se produisent tous ces changements qui est réel. La vision qui perçoit le changement ne change pas. Ceci est permanent.
Aussi faites en sorte de percevoir et ressentir le changement dans chaque chose. Alors rien ne vous affectera, ne vous bouleversera, parce que vous savez que tout est simple phénomène et apparence. Quelle que soit l'apparence, vous demeurez calme, serein et désintéressé. C'est cela le samadhi : vous êtes lucide et non affecté. La vérité : Différence, changement... alors on ne peut comparer ! La comparaison est impossible ! Qu'est ce que la vérité ? Tout ce qui est, est la vérité. Vous êtes et donc, vous êtes la vérité. La vérité est ici et maintenant. Acceptez ce qui est et essayez de comprendre plutôt que de souhaiter que cela soit différent. Percevez cette différence, ce changement et adaptez-vous en conséquence. "Seule la vérité triomphe, l'illusion, jamais !" (Mukunda Up.)
La cause et l'effet : Personne n'a jamais entendu parler d'un effet sans cause ni d'une cause sans effet... Quand quelque chose que vous ne voulez pas arrive, essayez de trouver pourquoi c'est arrivé. Rien n'arrive au hasard. Tout dépend d'une cause. Si vous ne voulez pas de cet effet, supprimez la cause ! Si c'est impossible, alors, c'est votre lot, il faudra l'accepter ! Pouvez-vous dire, non ce n'est pas arrivé ? Non, vous ne pouvez pas, puisque c'est là, alors, vous devez l'accepter, complètement, avec tout votre coeur.
La dualité dans la nature. Il y a un changement continuel dans le monde extérieur. La vie et la mort se côtoient. Il y a la lumière et l'obscurité, le soleil et l'ombre, le plaisir et la douleur, la chaleur et le froid, l'amour et la haine etc... Ces opposés sont innombrables. Mais nous aimons certains et détestons les autres. Nous voulons les bons , pas les mauvais. Nous avons soif de plaisir, détestons la souffrance.
Mais la vie se compose de toutes ces expériences: bonnes et mauvaises, difficiles et faciles, simples et complexes. Nous voulons l'agréable et pas le désagréable. Ainsi, nous appauvrissons nos vies. Vivre, c'est tout expérimenter. Nous voulons le miel et pas la piqure de l'abeille. La mère désire un enfant, mais pas les douleurs de l'enfantement. Ceci est dû à l'ignorance. Le plaisir ne va pas sans la peine. C'est uniquement quand nous connaissons la peine que nous pouvons apprécier le plaisir. Seul l'homme qui a souffert de la chaleur du soleil peut apprécier la fraîcheur de l'ombre.
De plus rien n'est mauvais ou bon entièrement, absolument. Il y a seulement des différences. Le venin de cobra peut être mortel, et aussi sauver des vies dans d'autres circonstances thérapeutiques. Tout est relatif, autrement dit. Le bien et le mal sont relatifs. Ce qui est bien pour l'un est mal pour l'autre. Et chaque chose est un mélange de bien et de mal. Donc acceptez la réalité comme elle s'exprime dans la dualité et adaptez-vous en conséquence.
L'unité de l'existence. Que voyez-vous autour de vous ? Partout un effort vers l'unité, vers la destruction de tout ce qui sépare l'homme de l'homme. Consciemment ou inconsciemment, nous cheminons vers l'unité, car nous savons que l'unité est le bonheur et la séparation la souffrance. Une action qui mène à l'unité est juste, celle qui mène à la séparation est mauvaise. Ce n'est qu'une fois transcendé les différences et les changements que le sage devient un avec tout.
Le mental. Il est ce qui vous éloigne de la réalité. Vous devez toujours vous orienter ici et maintenant. Le mental prend toujours l'apparence pour la réalité. Comment savoir si nous voyons la réalité ou l'apparence ? Si nous éprouvons un sentiment d'unité, c'est que nous voyons la réalité. Si nous avons l'impression d'être séparé de ce qui nous entoure, c'est que nous voyons l'apparence. La différence est uniquement dans l'apparence. L'apparition de l'émotion est le test qui signe la présence du mental.
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L'INCONSCIENT.
Il joue dans nos vies un rôle plus grand que nous croyons. Nous devons le découvrir à la lumière de la conscience. Ne rien censurer. Donc ne pas dire ceci est bien ou mal... Gardez l'esprit ouvert; soyez prêt à recevoir tout ce qui vient. Acceptez "ceci est à moi". Alors tout deviendra conscient. Soyez à l'aise et parfaitement réconcilié avec ce que vous êtes. Quel que soit le désir, laissez-lui une place. Puis essayez de voir si ce désir a été comblé. Voyez pourquoi il disparaît. Un esprit divisé entre une partie inconsciente et une autre consciente ne peut jamais voir les choses comme elles sont.
La mémoire. La mémoire est l'ingérence du passé dans le présent. Le passé s'introduit en force simplement parce qu'il n'a pas été complètement accepté. Au moment où nous l'acceptons, nous en devons libre. La souffrance, les soucis, la tristesse apparaissent parce que l'on refuse ce qui arrive, ce qui est.
L'émotion. témoigne du refus du passé, et du présent. Acceptez le passé, ainsi, vous pouvez accepter le présent. Quand nous voyons une chose comme elle est, nous n'éprouvons ni émotion ni excitation, mais au contraire un sentiment d'unité avec elle. La passion dans l'affirmation ou la négation est le signe que quelque chose, quelque part, ne va pas. Le sentiment n'est pas l'émotion. Il unit alors que l'émotion sépare. Il ne laisse pas de trace derrière lui...
LE DESIR
Les désirs naissent de la double croyance que l'on peut obtenir quelque chose d'un autre et que l'on peut le garder de façon permanente. Ces deux croyances sont fausses. Personne ne donne jamais rien. L'autre ne donne que s'il obtient lui-même ce qu'il veut. Aussi vous faut-il donner d'abord. Et ce faisant, nous ne sommes pas sûrs que l'autre a reçu réellement; cela peut le laisser indifférent. Ensuite, croire que nous pourrons garder quoi que ce soit, c'est faire fi de l'impermanence de tout ce qui est. Alors, voyant cela, nous ne sommes plus emportés par le désir. Mais tant qu'ils sont là, ces désirs, nous devons les accueillir. Nous ne devons surtout pas les refouler, mais les réaliser consciemment et voir où ils nous mènent. Si le résultat est positif, nous pouvons les garder. S'ils entraînent de la souffrance, alors ils doivent disparaître.
LA TENSION (retour)
La tension enferme dans la souffrance. Ouvrons-nous, libérons les tensions à mesure par la lucidité. Ouverts, nous sommes libres. Quand vous êtes complètement ouverts, l'intérêt de chacun devient votre intérêt, vous êtes un avec le monde entier.
L'EGO
L'ego est ce qui nous fait dire: "c'est à moi! " C'est la projection sur l'extérieur. C'est la réaction du désir ou du refus, autrement dit l'émotion. Ex-movere, se meut vers l'extérieur (de soi). L'ego est la subjectivité, au sens courant du terme. Tout rapporter à moi. On ne peut connaître quelque chose qu'en l'expérimentant, et pour ce faire, nous devons lui dire oui, l'accueillir. Ainsi quand il n'y a pas d'effort ni pour courir vers, ni pour fuir, on sent que l'on est avec ce qui est. De même quand vous faites un travail, vous devez être totalement présent. Si vous mangez, alors " vous mangez ". C'est tout. Ne vous préoccupez pas ni de celui qui mange, ni de ce qui est mangé. Seulement " mangez ". Le " vous " disparaît. Pareillement, si vous faites un modèle et vous êtes modéliste, il n'y a que l'action de faire un modèle. Il n'y a pas d'ego ni de modèle. Ainsi, à n'importe quel moment, il y a seulement " ce qui est en train d'être ", il y a seulement Brahman. Seulement " Un sans second ".
LA SOCIETE Le sentiment d'appartenance sociale vient de la réalisation du fait que nous ne pouvons vivre sans les autres. Au début, les autres existent pour nous-mêmes. Mais rapidement, nous réalisons que nous ne pouvons pas prendre sans donner en retour. Aussi y a-t-il une relation avec les autres, où l'on donne et où l'on reçoit. Puis l'homme devient vraiment adulte; il trouve plus de satisfaction à donner qu'à recevoir. La véritable maturité de l'adulte est tout donner, ne rien prendre.
Vous ne pouvez garder le mental sur ce que vous êtes, le Soi. Mais essayez plutôt d'être libre du mental; cela vous conduira au Soi.
LA QUETE DE SOI
Si seulement nous avions la patiente d'examiner ces fausse identifications et d'atteindre le but suprême, nous nous verrions nous-mêmes comme conscience pure, calme et sereine. Nous devons partir de ce qui est sous nos yeux. Suis-je ce corps? Sans attente, désir et sans refus, observez... Si l'expérience vous montre que vous n'êtes pas ce corps, alors vous pourrez le dépasser. Et ainsi de suite pour les formes subtils de l'être individuel. Se débarrasser de tout ce qui est matière grossière ou subtile est l'essence de la quête.
PROGRESSER (retour)
Chose naturelle, mais un pas après l'autre. Concentré dans l'instant. Sans comparaison avec le progrès des autres. Acceptez ce que vous avez fait: c'est exactement ce que vous pouviez faire, toute causalité intégrée. L'erreur est naturelle. La nature elle-même fait mille erreurs pour réussir une seule chose...
Personne ne peut vous connaître et donc personne ne peut parler de vous. Chacun a des pensées à votre sujet et exprime ses opinions sur l'image qu'il s'est faite de vous et non sur vous. Alors, pourquoi vous troubler? Vous devez rester calme et silencieux comme s'ils parlaient de quelqu'un d'autre.
VOIR ET PENSER
Voir et penser sont très différents: on pense avec le mental et on voit avec la faculté de perception. Le mental projette le je sur l'objet, lequel est comme caché sous la pensée. Cessez de penser, car penser déforme votre vision et vous empêche de voir les choses comme elles sont. En pensant, nous jugeons: c'est bon ou mauvais, juste ou faux. Quand nous voyons les choses comme elles sont, il n'y a ni attirance, ni répulsion. Ce que vous voyez est en vous. Finalement, tout est en vous, c'est cela l'infini. Quand nous pensons à quelque chose, c'est que nous la désirons ou que nous la refusons. Mais si nous la prenons, nous prenons à la fois la positif et le négatif de cette chose, ce que malheureusement nous occultons souvent. La chose doit être vue comme un tout, sereinement on prend ou on laisse.
Contact pour aller plus loin? Son principal disciple français :
Bien qu'Arnaud Desjardins ne reçoive plus de visiteurs, certains de ses disciples les plus proches continuent à transmettre son approche de la vie et de la spiritualité, inséparable, soit sur place, à Hauteville, soit dans d'autres centres, comme par ex Yann Le Boucher, à la Bertais, près de Sens de Bretagne .
Le traité de Bodhidharma
Écrit par Bodhidharma
Le traité de Bodhidharma
Bodhidharma
Question:" Qu'en est-il des deux vérités?"
Réponse:"Il en va comme d'un mirage d’où la chaleur. Ceux qui hallucinent prennent le mirage pour de l'eau. En réalité‚ il n'y a pas d'eau, ce n'est qu'un mirage. Il en va de même pour la signification des deux vérités. L'homme du commun tient pour ultime la vérité conventionnelle, tandis que le sage tient pour conventionnelle la vérité ultime. C'est pourquoi il est écrit dans le sûtra:"Lorsque les bouddhas prêchent le Dharma, ils s'appuient toujours sur les deux vérités.
"La vérité ultime n'est autre que la vérité conventionnelle, la vérité conventionnelle n'est autre que la vérité ultime. La vérité ultime est précisément la vacuité. Si vous voyez qu'il existe des caractères spécifiques, il vous faut y mettre bon ordre. S'il existe un moi ou un esprit, s'il y a naissance et extinction, vous devez également y mettre bon ordre.
" Q:"Comment y mettre bon ordre?"
R:"Si vous regardez en vous basant sur le Dharma, vous perdrez la notion de vérité et ne verrez plus rien du tout. C'est pourquoi il est dit dans le Laojing:" La vertu solide paraît légère."
Q:"Quel type d'esprit est dénué de conscience et de connaissance?"
Pas de réponse. La raison en est que ce Dharma ne peut répondre. Car le Dharma est absence de pensée et toute réponse implique une pensée; il est exempt de mot, et toute réponse implique une parole; il est exempt d'interprétation, et toute réponse implique une interprétation; il est exempt de vision cognitive, et toute réponse implique une vision cognitive: il est exempt de dualité et toute réponse implique une dualité. Tous ces types d'esprits et de paroles ne sont que spéculation et attachement. Comme l'esprit n'est pas la forme, il ne dépend pas de la forme: comme il n'est pas l'informe, il ne dépend pas de l'informe. Le fait qu'on soit indépendant est ce qu'on nomme libération. Lorsqu'on enfreint les Défenses, on est rempli d'appréhension. Il suffit de savoir que l'esprit d'appréhension est insaisissable, et l'on peut encore obtenir la libération. Et l'on comprend du même coup que l'on ne peut obtenir une renaissance céleste. Bien que l'on connaisse la vacuité la vacuité elle-même reste insaisissable. Bien que l'on connaisse l'insaisissable, l'insaisissable lui-même reste insaisissable."