 Eckhart Tolle
Frémissements à la surface de l'Etre
Entretien avec Eckhart Tolle mené par Andrew Cohen ANDREW COHEN: Eckhart, à quoi ressemble votre vie ? J'ai entendu dire que vous vivez comme un ermite et que vous passez beaucoup de temps dans la solitude. Est-ce vrai ? ECKHART TOLLE: C'était vrai dans le passé, avant que mon livre The Power of Now ne paraisse. Pendant plusieurs années, j'étais un ermite. Mais depuis la parution du livre, ma vie a changé radicalement. Je passe désormais beaucoup de temps à enseigner et à voyager. Les personnes qui me connaissaient auparavant me disent : " C'est incroyable. Vous étiez ermite et maintenant vous êtes dans le monde ". Pourtant, je sens toujours qu'à l'intérieur rien n'a changé. Je me sens le même qu'auparavant. Il y a toujours cette impression continue de paix, et je me suis rendu au fait que sur le plan extérieur le changement est total. Il n'est donc plus vrai que je suis un ermite. Je suis désormais l'opposé d'un ermite. Il se peut que ce soit un cycle, qu'à un certain moment il se termine et que je redevienne ermite, mais actuellement je me suis rendu au fait d'être en relation avec d'autres personnes presque constamment. De temps en temps, je prends le temps d'être seul. Cela m'est nécessaire entre deux sessions d'enseignement. AC: Pourquoi ressentez-vous le besoin d'être seul, et que se passe-t-il lorsque vous prenez le temps d'être seul ? ET: Lorsque je suis avec les gens, je suis un enseignant spirituel. C'est ma fonction mais ce n'est pas mon identité. Dès que je suis seul, ma plus grande joie est de n'être personne, d'abandonner la fonction temporaire d'enseignant. Si je rencontre un groupe de personnes, eh bien, dès qu'ils me quittent, je cesse d'être un enseignant spirituel. Il n'y a plus alors de sentiment d'identité extérieure. J'entre simplement plus profondément dans l'immobilité. L'immobilité est le lieu que je préfère. Ce n'est pas qu'elle cesse d'être présente lorsque je parle ou enseigne, dans la mesure où les mots émergent d'elle, mais lorsque les gens me quittent, il ne reste que cela, l'immobilité. Et j'aime tellement cela. AC: Iriez-vous jusqu'à dire que vous préférez cela ? ET: Préférer n'est pas le bon mot. Il y a désormais un équilibre dans ma vie qui n'était pas forcément là auparavant. Lorsque la transformation intérieure s'est produite voici plusieurs années, on pourrait presque dire qu'un certain équilibre a été rompu. J'éprouvais une telle satisfaction et une telle extase à simplement être que j'avais perdu tout intérêt à agir ou à entrer en relation avec d'autres. Pendant un certain nombre d'années, j'étais absorbé dans le fait d'Etre. J'avais presque complètement renoncé à l'action, si ce n'est pour me maintenir en vie et même cela tient du miracle. L'avenir m'était devenu totalement indifférent. Et puis, progressivement, un équilibre s'est rétabli. Il ne s'est vraiment complètement rétabli qu'après que j'ai commencé à écrire le livre. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir trouvé un équilibre entre la solitude et la relation avec les autres, entre Etre et agir, alors qu'auparavant l'action était suspendue et il n'y avait qu'Etre. Serein, profond et merveilleux même si, vu de l'extérieur, beaucoup pensaient que j'avais perdu l'équilibre ou que j'étais devenu fou. Fou d'avoir abandonné toutes les choses de ce monde que j'avais " réussies ". Ils ne comprenaient pas que je ne souhaitais ni n'avais besoin de cela désormais. L'équilibre existe donc aujourd'hui entre la solitude et la relation avec les autres. Et c'est bien ainsi. Je suis très attentif au fait de maintenir cet équilibre. Il y a un appel à faire de plus en plus. On souhaite m'écouter ici ou là, les demandes sont constantes.
Je sais qu'il me faut désormais être attentif à ce qu'un équilibre ne soit pas rompu et à ne pas me perdre dans l'action. Je doute que cela arrive, mais cela demande un certain degré de vigilance. AC: Que pourrait signifier se perdre dans l'action ? ET: J'imagine que si je devais constamment voyager, enseigner et rencontrer des gens, peut-être alors qu'à un certain point, le flot et l'immobilité cesseraient d'être présents. C'est difficile à prévoir, peut-être persisteraient-ils. Ou bien peut-être m'épuiserais-je physiquement. Aujourd'hui, je sens qu'il me faut périodiquement retourner à l'immobilité pure. Et lorsque l'enseignement se produit, simplement le laisser émerger de l'immobilité. L'enseignement et l'immobilité sont très étroitement reliés. L'enseignement émerge de l'immobilité. Mais lorsque je suis seul, seul demeure l'immobilité, et c'est mon lieu préféré. AC: Lorsque vous êtes seul, passez-vous beaucoup de temps physiquement immobile ? ET: Oui, je peux parfois rester assis deux heures dans une pièce sans presque aucune pensée. Dans l'immobilité la plus totale. Parfois aussi, lorsque je me promène, l'immobilité totale est présente, sans aucun étiquetage mental des perceptions sensorielles. Il ne reste qu'un sentiment d'émerveillement sacré et d'ouverture, et cela est merveilleux. AC: Dans votre livre, The Power of Now, vous affirmez que " la finalité ultime du monde ne se trouve pas dans le monde mais dans la transcendance de celui-ci. " Pouvez-vous, expliquer ce que vous voulez dire.
ET: Transcender le monde ne signifie pas se retirer du monde, cesser d'agir ou d'être en relation avec d'autres. Transcender le monde, c'est agir et interagir sans qu'il y ait recherche de soi. En d'autres termes, cela consiste à agir sans chercher à améliorer l'image que l'on a de soi-même à travers ses actions et ses interactions avec les autres. Ultimement, cela signifie ne plus avoir besoin de l'avenir pour trouver sa complétude ou son identité. On cesse de chercher à travers l'action, on cesse de chercher à améliorer, accomplir ou renforcer son sentiment de soi. Lorsque cette recherche cesse, alors on peut être dans le monde tout en n'étant pas de ce monde, on a cessé de chercher quelque chose au dehors auquel s'identifier. AC: Voulez-vous dire que l'on a cessé d'avoir une relation égocentrique et matérialiste au monde ? ET: Oui, on cesse de chercher à acquérir un sentiment de soi, un sentiment de soi plus profond, plus accompli. Dans l'état normal de conscience, ce que les individus recherchent à travers leur activité, c'est à être plus eux-mêmes. D'une certaine façon, le voleur de banque recherche cela. Il en est de même pour la personne qui recherche l'éveil parce qu'elle cherche à atteindre un état de perfection, un état de complétude, de plénitude à un moment dans le futur. Elle cherche à gagner quelque chose à travers ses activités. Les gens recherchent le bonheur, mais ce qu'ils recherchent vraiment c'est eux-mêmes ou bien Dieu, cela revient au même. Ils se cherchent, mais ils cherchent là où ils ne pourront jamais se trouver, dans l'état normal de conscience non éveillée, parce que l'état de conscience non éveillée est toujours sur le mode de la recherche. Cela veut dire qu'ils sont de ce monde - dans le monde et de ce monde. AC: Vous voulez dire qu'ils projettent dans le temps ? ET: Oui, le monde et le temps sont intrinsèquement liés. Lorsque toute recherche de soi dans le temps cesse, alors on peut être dans le monde sans être de ce monde. AC: Que voulez-vous dire exactement lorsque vous dites que la finalité du monde se trouve dans la transcendance de celui-ci ? ET: Le monde promet la plénitude quelque part dans le temps ; et on assiste à un mouvement continuel à la poursuite de cette perfection dans le temps. A de nombreuses reprises, on pressent qu'on est enfin arrivé et puis on se dit que non, finalement ce n'est pas encore ça, et on continue la course en avant. C'est exprimé merveilleusement dans le livre A Course in Miracles où il est dit que le dictât de l'ego est " Cherche mais ne trouve pas. " Les gens recherchent leur salut dans le futur mais le futur n'arrive jamais. Ultimement, donc, la souffrance surgit du fait qu'on ne trouve pas, et c'est le début de l'éveil lorsqu'on commence à pressentir qu'on s'est trompé de direction et qu'on n'atteindra peut-être jamais ce que l'on s'efforce d'atteindre ; que peut-être cela ne se situe pas du tout dans le futur. Après s'être égaré dans le monde, soudain, du fait de la pression exercée par la souffrance, on commence à comprendre qu'on ne trouvera peut être pas les réponses qu'on recherche au dehors, à travers la réussite terrestre et dans le futur. Pour beaucoup de personnes, il est important d'en arriver là, à ce moment de crise profonde où le monde tel qu'on l'a connu, et le sentiment de soi qui est identifié au monde, perdent toute signification. C'est ce qui m'est arrivé. J'étais à deux doigts du suicide, et puis quelque chose d'autre s'est produit, la mort du sentiment de moi qui vivait à travers des identifications, identifications avec mon histoire, avec les choses autour de moi, avec le monde. A ce moment, quelque chose a émergé en moi qui était une sensation profonde et intense d'immobilité, de vie et d'être. Plus tard, j'ai appelé cela " présence ". J'ai réalisé qu'au delà des mots cela est ce que je suis. Mais cette réalisation n'était pas un processus mental. J'ai compris que cette immobilité profonde et si vibrante de vie est ce que je suis.Des années après, j'ai appelé cette immobilité " conscience pure ", alors que tout ce qui n'est pas cela est conscience conditionnée. Le mental humain est la conscience conditionnée ayant pris forme en tant que pensée. La conscience conditionnée est le monde créé par le mental conditionné. Tout est notre conscience conditionnée. Même les objets. La conscience conditionnée a pris naissance en tant que forme pour ensuite devenir le monde. Se perdre dans le conditionné semble être nécessaire aux êtres humains. Cela semble faire partie de leur chemin que de se perdre dans le monde, de se perdre dans le mental qui est la conscience conditionnée. Par la suite, du fait de la souffrance qui découle de ce que l'on est perdu, on découvre l'inconditionné en tant que soi-même. C'est pour cela qu'on a besoin du monde pour le transcender. Je suis donc infiniment reconnaissant d'avoir été perdu. Au bout du compte, la finalité du monde, c'est de nous y perdre, d'y souffrir, de créer la souffrance qui semble être nécessaire pour que l'éveil se produise. Et puis, lorsque l'éveil survient, on réalise en même temps que la souffrance n'est désormais plus nécessaire. On a atteint la fin de la souffrance parce qu'on a transcendé le monde. C'est cette position qui est libre de la souffrance. Tout le monde semble suivre cette voie. Ce n'est peut-être pas le chemin de tout un chacun dans cette vie mais cela semble être la voie universelle. Même sans un enseignement ou un enseignant spirituel, je pense que tout le monde y parviendrait au bout du compte. Mais cela pourrait prendre du temps. AC: Très longtemps. ET: Bien plus que cela. L'enseignement spirituel est là pour faire gagner du temps. Le message primordial de l'enseignement est que vous n'avez plus besoin de temps, que vous n'avez plus besoin de souffrir. Je dis à ceux qui viennent à moi : " Vous êtes prêt à entendre ce que je vous dis parce que vous l'écoutez. Il y a encore des millions de personnes au dehors qui ne l'écoutent pas. Ils ont encore besoin de temps, mais je ne m'adresse pas à eux. Vous entendez que vous n'avez plus besoin de temps, que vous n'avez plus besoin de souffrance. Vous faisiez votre recherche dans le temps et vous cherchiez encore plus de souffrance. " Le fait d'entendre soudain que " vous n'avez plus besoin de cela " peut être, pour certains, le moment de la transformation. Ainsi, la beauté de l'enseignement spirituel est qu'il économise des vies entières de... AC: ... souffrance inutile. ET: Oui. Il est donc bon que les gens soient égarés dans le monde. J'adore aller à New York et Los Angeles ou il semble que les gens soient totalement impliqués. Je regardais par la fenêtre pendant une réunion à New York. Nous étions à proximité de l'Empire State Building. Tout le monde se précipitait dans tous les sens, courant presque. Les gens semblaient être dans un état d'intense tension nerveuse, d'anxiété. C'est de la souffrance, en réalité, mais ce n'est pas reconnu comme de la souffrance. J'ai pensé alors : où courent-ils tous comme ça ? Bien évidemment, c'est vers l'avenir qu'ils se précipitent ainsi. Ils ont besoin d'aller quelque part qui n'est pas ici. Un point dans le temps : pas maintenant, mais plus tard. Ils courent vers un plus tard. Ils souffrent sans même le savoir. J'aurais pu me dire " Mon Dieu, mais pourquoi ne se rendent-ils pas compte ? ", mais non, j'avais même de la joie à les regarder. Ils sont sur leur chemin spirituel. A ce moment, c'est cela leur chemin spirituel, et cela fonctionne à merveille. AC: Souvent, le terme " éveil " est interprété comme la fin de la division au sein du moi et la découverte simultanée d'une perspective ou façon de voir qui est intégrale, complète, ou libre de la dualité. Certains, qui ont fait l'expérience de cette perspective, disent que la réalisation ultime est qu'il n'y a pas de différence entre le monde et Dieu ou l'Absolu, entre le Samsara et le Nirvana, entre le manifesté et le non-manifesté. Mais d'autres disent qu'en fait, la réalisation ultime est que le monde n'existe pas du tout, qu'il n'est qu'une illusion, vide de sens, de signification et de réalité. Dans votre expérience, le monde est-il réel ? Est-il irréel ? Ou les deux à la fois ? ET: Même lorsque je rencontre des gens ou que je me promène dans la ville, faisant des choses ordinaires, le monde m'apparaît comme des frémissements à la surface de l'être. Au dessous du monde des perceptions sensorielles et de l'activité mentale, il y a l'immensité de l'être. Il y a une vaste étendue, une vaste immobilité, et une petite activité frémissante à la surface, qui n'est pas séparée, tout comme les vagues ne sont pas séparées de l'océan. Je ne perçois donc aucune séparation. Il n'y a pas de séparation entre l'être et le monde manifesté, entre le manifesté et le non-manifesté. Mais le non-manifesté est tellement plus vaste, profond et grand que ce qui se passe dans le manifesté. Chaque phénomène dans le manifesté est de si courte durée et si fugutif qu'effectivement, dans la perspective du non-manifesté qui est l'être ou la présence au-delà du temps, on peut presque dire que tout ce qui se produit dans le domaine du manifesté ressemble à un jeu d'ombres. C'est comparable à de la vapeur ou de la brume, où de nouvelles formes surgissent et disparaissent sans cesse. Pour celui qui est profondément enraciné dans le non-manifesté, le manifesté pourrait très facilement être qualifié d'irréel. Je ne le qualifie pas d'irréel car il ne m'apparaît pas comme étant séparé de quoi que ce soit. AC: Donc, il est réel ? ET: Tout ce qui est réel est l'être lui-même. Seul existe la conscience, la conscience pure. ---------- fin de l'interview ---------- Et voici un extrait de livre d'Echkart Tolle tiré de l'ouvrage Quiétude - Lecture méditative
Chap 4 Le Présent
En surface, le Présent ressemble à un moment parmi d'autres. Chaque jour de votre vie semble composé de milliers d'instants au cours desquels ont lieu divers événements. Mais à y regarder de plus près, n'y a-t-il pas qu'un seul moment ? La vie n'est-elle pas « ce moment », toujours ?
Ce moment unique - le Présent - est le seul dont vous ne pourrez jamais vous échapper, l'unique facteur constant de votre vie. Quels que soient les événements ou les changements de votre vie, une chose est certaine : c'est toujours maintenant.
Puisqu'on ne peut échapper au Présent, pourquoi ne pas l'accueillir, s'en faire un ami ?
Lorsque vous devenez l'ami du moment présent, vous voilà à l'aise partout. Lorsque vous ne vous sentez pas à l'aise dans le Présent, où que vous alliez, vous portez ce malaise avec vous.
Le moment présent est comme il est. Toujours. Pouvez-vous le lui permettre ?
La division de la vie en passé, présent et futur est une construction mentale et, en définitive, illusoire. Le passé et le futur sont des formes-pensées, des abstractions mentales. On ne peut se rappeler le passé que Maintenant. Ce que vous vous rappelez est un événement survenu dans le Présent, que vous vous rappelez Maintenant. Le futur, lorsqu'il arrive, est le Présent. Donc, tout ce qui est réel, la seule chose à jamais se produire, c'est vraiment le Présent.
Porter son attention au Présent, ce n'est pas nier ce qui est nécessaire; c'est reconnaître l'essentiel. On peut alors fort aisément s'occuper de l'accessoire. Il ne s'agit pas de dire : « Je ne m'occupe plus de rien, car il n'y a que le Présent. » Non. Trouvez d'abord l'essentiel et faites-vous un ami, plutôt qu'un ennemi, du Présent. Reconnaissez-le, respectez-le. Lorsque le Présent est le fondement et le point de mire essentiel de votre vie, celle-ci se déroule avec aisance.
En rangeant la vaisselle, en établissant une stratégie commerciale, en préparant un voyage, qu'y a-t-il de plus important : le geste ou le résultat visé ? Ce moment-ci ou un moment futur ?
Traitez-vous ce moment comme un obstacle à surmonter ? Avez-vous l'impression de devoir atteindre un moment futur qui serait plus important ?
Presque tout le monde vit ainsi, la plupart du temps. Puisque l'avenir n'est jamais là, sauf sous la forme d'un Présent, ce mode de vie reste dysfonctionnel. Il engendre un constant courant sous- jacent de malaise, de tension et de mécontentement. Il ne respecte pas la vie, qui est le Présent et rien d'autre.
Sentez la vitalité de votre corps. Elle vous ancre dans le Présent.
En définitive, vous ne devenez responsable de la vie qu'en assumant la responsabilité de cet instant - maintenant. Voilà pourquoi le Présent est le seul espace de vie.
Prendre la responsabilité de cet instant, c'est ne pas s'opposer intérieurement à la forme qu'adopte le Présent, ne pas discuter avec ce qui est, mais bien plutôt s'aligner sur la vie.
Le Présent est ainsi parce qu'il ne peut en être autrement. Ce que les bouddhistes ont toujours su, les physiciens le confirment à présent : il n'y a ni objets ni événements isolés. Sous l'apparence superficielle, tout est interrelié, tout fait partie de la totalité du cosmos, qui a suscité la forme que prend cet instant.
En acquiesçant à ce qui est, vous vous alignez sur le pouvoir et l'intelligence de la Vie même. Alors, seulement, vous pouvez devenir un agent de changement positif dans le monde.
Une pratique spirituelle simple mais radicale consiste à accepter tout ce qui survient dans le Présent en soi et en dehors.
Lorsque votre attention est concentrée sur le Présent, une vigilance s'enclenche. C'est comme lorsque vous vous éveillez d'un rêve : celui de la pensée, du passé et du futur. Tant de clarté, de simplicité ! Aucune possibilité de créer des problèmes. Juste cet instant, tel quel. ...
La confusion, la colère, la dépression, la violence et le conflit surviennent lorsque les humains oublient qui ils sont.
Pour retourner chez soi, il est facile de se rappeler la vérité :
Je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles, ni mes expériences. Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis la vie. Je suis l'espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. Je suis le Présent. Je Suis.
(Chapitre 4 Le Présent tiré de l'ouvrage Quiétude, Éditions Ariane)
The Power of Now The Power of Now has been widely recognized as one of the most influential spiritual books of our time. New York Times bestseller, it has been translated into over 30 languages. The book has helped countless people around the globe awaken to the spiritual dimension in their lives, find inner peace, increased joy and more harmonious relationships To make the journey into The Power of Now we will need to leave our analytical mind and its false created self, the ego, behind. From the beginning of the first chapter we move rapidly into a significantly higher altitude where one breathes a lighter air, the air of the spiritual. Although the journey is challenging, Eckhart Tolle offers simple language and a question and answer format to guide us. The words themselves are the signposts. For many of us there are new discoveries to be made along the way: we are not our mind; we can find our way out of psychological pain; authentic human power is found by surrendering to the Now. We also find out that the body is actually one of the keys to entry into a state of inner peace, as are the silence and space all around us. Indeed, access is everywhere available. These access points, or portals, can all be used to bring us into the Now, the present moment, where problems do not exist. It is here we find our joy and are able to embrace our true selves. It is here we discover that we are already complete and perfect. Many of us will find that our biggest obstacle to this realization is our relationships, especially our intimate relationships. But again, we are in new territory and all is not what it had seemed before. We come to see that our relationships are yet another doorway into spiritual enlightenment if we use them wisely, meaning if we use them to become more conscious and therefore more loving human beings. The result? Real communion between self and others. If we are able to be fully present and take each step in the Now; if we are able to feel the reality of such things as the inner-body, surrender, forgiveness, and the Unmanifested, we will be opening ourselves to the transforming experience of The Power of Now. dA New Earth - Awakening to your life’s purpose Building on the astonishing success of The Power of Now, Eckhart Tolle presents readers with an honest look at the current state of humanity: He implores us to see and accept that this state, which is based on an erroneous identification with the egoic mind, is one of dangerous insanity. Tolle tells us there is good news, however. There is an alternative to this potentially dire situation. Humanity now, perhaps more than in any previous time, has an opportunity to create a new, saner, more loving world. This will involve a radical inner leap from the current egoic consciousness to an entirely new one. In illuminating the nature of this shift in consciousness, Tolle describes in detail how our current ego-based state of consciousness operates. Then gently, and in very practical terms, he leads us into this new consciousness. We will come to experience who we truly are—which is something infinitely greater than anything we currently think we are—and learn to live and breathe freely. “The One Thing” by Eckhart Tolle In the Gospel story of Mary and Martha, Jesus says to Martha, “You are anxious and troubled about many things, but only one thing is needful.” (Luke 10:41) As I was writing A New Earth, people would sometimes ask me, “What is the new book about?” And invariably, my answer would be, “I only ever write or speak about one thing.” What is that one thing? Spiritual awakening. Can a person be awakened spiritually by a book? Yes, if three conditions are met: Firstly, there must be a readiness on the part of the reader, an openness, a receptivity to spiritual truth, which is to say, a readiness to awaken. For the first time in history of humanity, large numbers of people have reached that point of readiness, which explains why millions have responded so deeply to The Power of Now. Secondly, the text must have transformative power. This means the words must have come out of the awakened consciousness rather than the accumulated knowledge of a person’s mind. Only then will a text be charged with that power, a power that goes far beyond the informational value of the words. That is why such a book can be read again and again and lose none of its aliveness. Thirdly, the terminology used needs to be as neutral as possible so that it transcends the confines of any one culture, religion, or spiritual tradition. Only then will it be accessible to a broad range of readers world-wide, regardless of cultural background. All these conditions were met in The Power of Now, which is why the book has had such an impact on the collective consciousness. Why write another book? Since the publication of The Power of Now, I have given hundreds of talks and teaching sessions all over the world, and in the course of those seven years, the teaching evolved. While the essence remained the same (The Truth is timeless.), new perspectives arose, new signposts, alternative approaches to the Truth, as well as an added sense of urgency. A New Earth reflects this evolution and this urgency. If The Power of Now worked for you and changed your life – as it did for countless people all over the world – there is no need for you to read A New Earth (although you may enjoy reading it and may find some of it helpful in recognizing the ego and thus sustaining the state of Presence). My feeling is that A New Earth will make the teaching (the one thing) accessible to an even wider audience, including people who perhaps would not have dreamt of reading a “spiritual” book but have within them a hitherto unrecognized longing for spiritual awakening. A New Earth will also be extremely helpful for those who read The Power of Now, found it interesting, but somehow missed the essence of it. It presents them with new perspectives on the same truth, new signposts, pointers towards Presence. Different pointers work for different people. Millions are now ready to awaken because spiritual awakening is not an option anymore, but a necessity if humanity and the planet are to survive. Everything is speeding up – the madness, the collective egoic dysfunction, as well as the arising of the new consciousness, the awakening. We are running out of time. From the perspective of the ego, that’s bad news and will give rise to fear. From a higher perspective, the running out of time is exactly what is needed for the new consciousness to come into this world.
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Stillness Speaks This long-awaited second book by renowned spiritual teacher Eckhart Tolle provides a "going deeper" into the teaching already so eloquently and clearly expressed in his first book The Power of Now. Although the teaching takes on new depth, added dimensions and specific focuses, it is even easier to grasp since Eckhart writes in short, clear entries ranging from one line to one page. Each entry is concise and complete in itself, even though they have been astutely organized into 10 topic clusters ranging from "Stillness & Silence" and "Beyond the Thinking Mind" to "Relationships" and " Suffering & the End of Suffering". Whether read individually, as a topic cluster, or in their totality, these entries take on a Tranformative power that can awaken the reader to Self-Realization, to their true nature. While spiritually profound, Stillness Speaks is also intensely practical. Eckhart tells us how to be with another in a relationship, which can contain and weather all things, how to "sit" with a dying person, where to find wisdom, how to free ourselves of guilt, and how to control the runaway-thinking mind. Underneath the words, between them, in the energy of presence conveyed by them, we find the power of Stillness. This vibrantly alive state found only in the here and Now, is one with our Being and the field out of which all "arises". Eckhart Tolle |