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2 . Que signifie donc « Réaliser le Soi »?
C'est constater l'absence de "moi". Prendre conscience de notre réalité essentielle, de notre nature la plus immédiate, sans intermédiaire, ni transcendance. Il ne s’agit pas d’élargir notre perception à l’univers entier, d’être omniprésents et informés de tout événement à l’horizon de la galaxie, mais juste de voir les choses comme elles sont, depuis ce corps limité : les images de moi comme des compilations facultatives, les images des autres comme des souvenirs ou des projections incertaines. Finalement laisser toutes ces images, adhérer au monde dans une bienheureuse unité. Réaliser le Soi (ou l'absence absolue, ce qui revient au même) épanouit le coeur et le rend innocent, vulnérable, ouvert, spontané, aimant, intelligent, pur, transparent, lumineux, numineux, léger, large, généreux et enfin, compatissant. La réalisation de Soi est accessible à chacun, en dévoilant la simplicité foncière, l'éternelle Unité des choses et des êtres ; elle est non seulement accessible, mais déjà installée ici et maintenant.
Vous découvrirez comment on peut rêver ce monde de contraste et de multitude, rêver posséder un corps humain, une existence séparée, alors que l’on n’est jamais né, puisqu’infini à jamais. La négation du pseudo-sujet, le moi, donne lieu à cette unification. Être simplement soi, (constater l’inexistence du moi...) nous relie à notre source, et au-delà, à tout ce qui est ; installe l’être loin de toute idée de séparation, de limite, de naissance et de mort, d’univers; c’est en quelque sorte l’essence primordiale avant le jaillissement universel. Cette source est toujours là, intouchée, inconnaissable, inaccessible sauf à vous-mêmes. Vous êtes cela. (Ou « cela est », puisque « vous » n’êtes pas.) Aucune technique; aucun maître ne pourront vous installer dans votre propre nature.
(Vous) y êtes déjà! (VOUS) ÊTES CE RÉEL, (VOUS) ÊTES DÉJÂ CELA, mais inconsciemment! Pour vous intégrer dans le Soi, vous n’allez pas rendre conscient ce qui est au-delà de la conscience ou de l’inconscience ; vous ne pouvez que vous laisser fondre dans l’inconnu, l’indéfini, l’illimité, sans carte et sans guide ; vous ne pourrez que disparaître quand l’éveil frappera à votre porte! En un éclair d’abandon, vous comprenez être déjà cela depuis l’origine, embrassant le tout; le moi semblait exister, c’était un mirage! Vous êtes indissolublement cela quoi que vous fassiez, dormir, manger, faire la guerre ou bien l’amour... Vous êtes toujours cela. Vous ne pourrez jamais rien faire pour être davantage cela, ou pour l’être moins ; comment dire? C’est plus proche de votre coeur que votre péricarde ...
Rien ne vous sépare jamais de votre nature profonde, essentielle, rien, rien, rien. Ici le langage achoppe: rien ne vous sépare jamais de votre nature essentielle, oui, cependant seule la disparition du « vous » offrira le trône à la Présence, la (votre) nature essentielle n’est pas «ce vous» auquel vous êtes identifiés, ce vous que le cerveau interprète comme « existant »... Serions-nous plus clair d’évoquer « cela » sans rien ajouter d’autre? Ne soyez pas déstabilisés, nous ne nions aucunement la réalité du corps physique individuel, mais la notion du « je ». C’est ce que l’on appelle identification à ce corps, la croyance au « moi ». En dehors de cette référence au corps physique, existe-t-il un donjon apte à protéger le « je »? Pourquoi dit-on encore que les choses et les êtres n’existent pas « en eux-mêmes »? Ils existent seulement dans la conscience de l’observateur. Sans cette conscience distinguant des différences, on ne voit qu’être , être et toujours être, illimité. Cette prise de conscience nécessite un renoncement à nos chaînes adorées. Nous voulons bien attraper la lune, mais tout en gardant les pieds dans les pantoufles! Il faudra laisser nos habitudes conventionnelles de pensées, d'actions, de sentiments, bref; de vie, car elles structurent la conception que nous avons de nous-mêmes et du monde, laquelle finit par nous éloigner de la rive de l'Unité, de la Réalisation du Soi et de l'illumination, hors d'atteinte de notre pensée, de notre intellect, de notre savoir, de notre conscience relative. Le Soi éclôt loin des idées étriquées.
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La Voie est simple, très simple puisqu'elle nous parle de l'INDIFFÉRENCIÉ. Qu’y a-t-il de plus simple que l'Indifférencié? Nous ne comprenons pas ce qu'est l'Indifférencié: c'est normal, il n'y a rien à comprendre! Nous pouvons comprendre seulement les choses différenciées, et les rapports entre les choses, les êtres et les rapports entre les êtres. L'INDIFFÉRENCIÉ EST INCONNAISSABLE. Mais si nous ne pouvons pas le connaître, nous pouvons l'être. (NOUS) SOMMES CET INCONNAISSABLE, CE NON-DIFFÉRENCIÉ, CETTE UNITÉ. (Tout en rappelant qu’il n’y a jamais eu de « nous »...) L’indifférencié gisant dans notre inconscient, ne cherchons donc pas une manifestation consciente pour constater que le Soi est là; il est bien là, mais en-deçà de notre conscient. La distinction conscient/ inconscient n’a plus cours ici. L’indifférencié semble inconscient, alors qu’en fait, il est conscience de l’indifférencié... Il est conscience sans objet. Autant dire non-conscience... Êtes-vous encore là? Si vraiment vibre en nous la flamme transparente, l'ardeur de la découverte fondamentale, si cette recherche est vitale pour nous, bénis sommes-nous! Il ne faut rien d'autre pour « ne plus jamais partir hors de Soi... »
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