Non-dualité et physique quantique

C’est un chapitre difficile. Chaque mot employé ici a été soupesé soigneusement. Difficile à suivre mais instructif. Vous pouvez commencer par la vidéo de Etienne Klein en bas et revenir lire l’article. Vous comprendrez mieux les enjeux qui y sont évoqués.

En suivant Etienne Klein, physicien renommé et médiatique, sur ses vidéos, j’ai découvert une notion très intéressante, s’agissant de non-dualité. Il s’agit de l’inséparabilité des particules dans un état quantique d’intrication. Il s’agit du fait que deux particules qui ont interagi garde un lien, une « non-séparabilité » qui fait que l’état quantique de l’une est lié à celui de l’autre, pourvu qu’elles n’entrent pas en collision avec d’autres particules, ce qui redistribue l’intrication et/ou la fait disparaître. On a pu mettre en évidence cette intrication en isolant les particules intriquées (après collision) sur de longues distances des autres particules, de l’air, de la lumière etc…

Dans l’expérience de physique, deux électrons après accélération et collision frontale partent dans deux directions différentes et vont rester dans un état superposé « A+B » tant que nous n’essayons pas de mesurer le spin d’un des électrons. Si nous le faisons, et trouvons spin up (ne pas confondre avec pin up) pour un des électrons, l’autre électron se détermine alors en spin down instantanément, up et down s’excluant mutuellement, quelle que soit la distance entre les deux électrons. Et ce n’est pas que l’un était spin up à droite et l’autre spin down à gauche avant que nous les ayons mesurés, mais que chacun des électrons était à la fois up et down jusqu’à ce que la mesure soit faite. Autrement dit, nos deux électrons demeuraient dans un état suspendu à la limite de la manifestation, on peut dire « non-duel », semi-différencié, jusqu’à la mesure effondre l’onde et oblige cette particule à se différencier dans l’espace-temps, au moins pour quelques nanosecondes, à un endroit précis et dans un état précis. On peut remesurer quelques secondes après la première mesure qui effondre le paquet d’ondes, la particule reste dans l’état déterminé par la première mesure. Si on attend encore, au bout d’un certain temps, elle retourne dans un état dédifférencié. Magique non? Et après au nom de la soi-disant réalité, on nous fait croire des tas de sottises dites matérialistes !! Et en revanche n’est-ce pas un début de démonstration de la présence d’un champ unifié universel au-delà (ou plutôt en de-çà) de l’espace-temps, le vide quantique? Champ qu’il faudra intégrer dans une équation ultime de la grande unification des forces fondamentales…

Nous avons constaté que la dualité onde-particule associée au départ à un seule type de particule s’est vu maintenant être remplacée par la notion de champ. La particule n’est plus une particule, mais un champ doté de propriétés. Tout objet physique est une addition de milliard de milliards de milliards de champs élémentaires. L’état prouvé de non-séparabilité entre particules élémentaires ne peut pas être extrapolé au niveau macroscopique. La constante de Planck h qui =10-^30 donc une taille extrêmement petite limite les effets quantiques à ces grandeurs infinitésimales. Ensuite, puisque l’univers du big bang était extrêmement petit lui aussi, pour ne pas dire ponctuel, « singularité », suivant les théories, on pourrait se dire que toutes les particules qui ont interagi entre elles aux premiers instants de l’univers, avant même l’expansion de l’espace temps sont restées en état d’intrication quantique, et donc, toutes les particules de l’univers seraient intriquées depuis les premiers instants. En fait, non, dans le bouillon primitif hypergenèse, les collisions entre particules ont précisément annulé l’intrication produite par les collisions entre particules antérieures, et finalement, on ne peut pas trouver à notre échelle d’intrication quantique issue du bouillon primitif. C’est tellement difficile de garder un atome, un électron, ou autre particule isolé qu’en pratique la non-séparabilité disparaît quand on passe au niveau macroscopique. Alors, même si toutes les particules de notre corps sont des ondes, et que ces ondes peuvent s’ajouter, le comportement des objets macroscopiques ne suit pas du tout les mouvements, les vibrations observées à l’échelle quantique. Et heureusement !! L’expérience humaine serait « inexpérimentable »! Il faut de la rigueur intellectuelle et une connaissance de la physique quantique pour éviter les généralisations et autres extrapolations hâtives telle qu’on en voit en « médecine quantique », par exemple. Et c’est un médecin qui écrit cela…

Cela dit, les physiciens en côtoyant le vide quantique (qui n’est pas vide!) et l’émergence des particules/champs qui en sortent nous montrent que l’univers entier est issu de ce vide qui est unité, autrement dit non-dualité. Possible que certains physiciens penseront que je tire un peu les choses par les cordes quantiques. On pourrait ainsi formuler l’hypothèse que la conscience foncière, que les Dzogchenpas nomment la Base, « Kunji », est LA Conscience Naturelle qui gît, soutient, manifeste tous les états de conscience relatifs, c’est-à-dire issus de la représentation par nos pensées de ce qui est là sous nos yeux, en tant qu’objets différenciés, EST ce vide quantique qui n’est toujours pas vide. Et si nous retournons en méditation à cette base foncière indifférenciée, alors l’univers nous apparaît comme CELA qui est non-séparé, comme nous l’indique les particules qui sortent du vide quantique, restent dans des états superposés, comme à demi-créées, dès lors qu’on leur apporte l’énergie pour le faire par ex par des collisions de particules de très haute énergie.

Pour le redire autrement, pourrait-on concevoir la matière comme émergeant de la Base indifférenciée pour se différencier d’autant plus que la construction de la matière évolue vers l’échelle macroscopique, atome, molécules, macromolécules, archéo-bactéries, etc… ? Philosophiquement, la non-séparabilité n’indique-t-elle pas la non-dualité de la Source foncière d’où tout émerge? Et si nous supposons que la conscience prend sa source dans cette même Source, et qu’elle n’est pas simplement un épiphénomène matériel, alors, au niveau macroscopique, si la matière n’est plus en état superposé clairement, la conscience, elle, reste jointe à la Base indifférenciée ; on peut même dire qu’elle EST la base indifférenciée. Nous ne parlons bien entendu pas de la conscience fonctionnelle individuelle médiée par les neurones cérébraux, mais de ce qui permet à cette activité neuronale de prendre une forme conscientisée. Nous supposons que le phénomène « conscience de » est possible parce que la Base productive de la matière demeure non-séparé de sa production. La Base/Conscience-Être EST l’univers manifesté, et donc se reconnaît à travers la matière. Telle est l’expérience que nous pouvons vivre de cette identité conscience matière. Parce que, c’est vrai, comment pourrait-on être jamais conscient de quoi que ce soit d’extérieur à notre conscience si nous n’étions pas déjà cela qui nous apparaît? Il y a comme un hiatus absolu entre conscience et matière si nous séparons l’une et l’autre…

Vous vous demandez peut-être pourquoi on a à la fois l’onde et la particule, (renommé « le champ ») ? Que ça serait plus simple d’avoir l’une ou l’autre? Eh bien la matière ne pourrait pas exister s’il n’y avait pas à la fois l’onde et la particule comme manifestation d’un champ. Un seul exemple : l’électron négatif est attiré par le noyau positif de l’atome. Et comment se fait-il qu’ils ne s’unissent pas et neutralisent leurs charges réciproques? Parce qu’en tant qu’onde, l’électron ne peut pas se rapprocher du noyau et demeure au niveau dit fondamental, le premier niveau des électrons qui « tournent » autour du noyau. En effet une onde ne peut se compresser, à moins d’une énergie colossale. En somme tout est vraiment bien fait dans cet univers : les constantes universelles (>20) sont réglées de façon à permettre in fine la vie, les transferts d’électron, de photon d’énergie quantifiée, la production par les petits soleils d’éléments atomiques légers, par fusion nucléaire en partant de l’hydrogène, jusqu’au carbone, pour notre soleil, guère plus puisqu’il faut des étoiles de plus en plus grosse pour obtenir les pressions suffisantes pour ces nucléosynthèses (synthèse des noyaux atomiques de chaque élément du tableau de Mendeleiev), puis par les supernovae des atomes lourds, de par leur gravité énorme et surtout par leur explosion sont produits les atomes les plus lourds, au-delà du Fer, indispensables à la vie telle que nous l’expérimentons, les interactions moléculaires, l’association des atomes entr’eux… la causalité, la possibilité de former une étoile, une galaxie, tout cela en dépend ; et tout cela ne va pas de soi, du tout. De là à penser qu’il y a un grand Principe Physicien qui a réglé ces constantes pile poil… Pourquoi pas? Ou bien il y a des milliards d’univers, mieux nommés pour le coup « multivers » qui se vautrent par défaut de réglage pertinent des constantes… C’est renversant, n’est-ce pas?!

Tout cela est certes un peu abstrait, mais en fait conditionne totalement notre vie dans toutes ses dimensions et on ne peut vraiment réaliser cela que par l’expérience directe dudit Principe. Tant que l’on a pas vécu le Principe, la Non-Dualité en conscience, toutes ces considérations qui se veulent à la fois scientifiques et métaphysiques risquent de rester assez fumeuses. Je vous encourage à persévérer dans votre compréhension jusqu’au moment où vous réaliserez que tout est déjà parfaitement accompli et que vous n’avez absolument rien à faire, et même à comprendre, pour goûter la non-dualité! Cela dit, que votre néo-cortex la conscientise ou pas, vous êtes totalement Cela qui est non séparé! Et vous le le seriez pas plus une fois « éveillé », si tant est que l’on puisse formuler l’expérience non-duelle en terme d’éveil, alors que c’est ce-qui-est, point à la ligne. Même si nous n’obtenions finalement jamais la connaissance intime de la physique de notre univers, par le fait que nous ne pourrons jamais développer assez d’énergie pour démontrer par exemple les « atomes d’espace-temps » de la théorie quantique à boucles, ce qui est frustrant pour l’intellect, nous pouvons apprécier la paix non-duelle en étant au-delà de l’intellect, dans la pure présence, ici, à cet instant même.

En état de conscience naturel non-duel, rien ne peut être différencié mentalement, aussi, vivre cet état ne permet pas d’en produire une connaissance différenciée, scientifique par exemple. Mais ce constat d’êtreté non-séparée renvoie à la réalité foncière que nous ne devrions jamais oublier en produisant la connaissance!

Si vous voulez méditer et prolonger ce chapitre non-dualité et physique quantique, jetez un oeil à cette vidéo d’Etienne Klein :