Leo Hartung : »Au bord de la rive »

Leo Hartong au bord de la rive

Y a-t-il une promesse à se réveiller à ce que je suis vraiment? Y a-t-il quelque chose que je pourrai en retirer qui améliorera ma vie? Cela fait-il de moi quelqu’un de meilleur et plein de succès? Pour faire court : A quoi ça ressemble de vivre illuminé? Ce sont des questions parfaitement raisonnables, qui se posent fréquemment au cours de la quête. Pour beaucoup, l’espoir d’une vie meilleure est la motivation centrale pour s’investir si lourdement dans la quête. Il y a, quoi qu’il en soit, un problème avec ces questions qui empêchent une réponse directe, et cela tient à ce qu’elles trouvent leur origine dans la perspective limitée que le chercheur veut transcender. Les questions peuvent sembler raisonnables, mais elles sont intrinsèquement imparfaites.

 

Laissez moi vous donner un exemple concret. Avant que nous sachions que la terre était ronde, la question de savoir où nous tomberions à partir de ses bords était parfaitement raisonnable. Selon notre perspective courante, quoi qu’il en soit, la question n’a aucun sens. Si vous remontiez le temps, vous ne pourriez pas fournir une réponse simple, mais auriez à expliquer qu’en fait la terre est ronde, et qu’en tomber n’est pas possible. Ceci, bien sûr, irait à l’encontre du bon sens du questionneur, qui pointerait l’horizon en insistant qu’il pouvait voir clairement où la terre finit. Demander au questionneur de s’imaginer la perspective d’un astronaute serait probablement vu comme une abstraction conceptuelle pour éviter la solution réelle, à savoir :  « Qu’advient-il quand vous tombez des bords de la terre? » Cela étant dit, je vais vous dire ce que vous retireriez de l’illumination. Si la réponse vous désappointe au départ, n’abandonnez pas. Continuez de lire et voyez si vous arrivez à l’endroit où le désappointement se change en clarté.

Alors avançons : La réponse est que vous n’obtiendrez rien de cela parce que l’illumination est la réalisation qu’il n’y a pas de vous pour obtenir l’illumination ; que votre sens de la séparation et individualité est une illusion. Cette réponse ira probablement contre votre expérience directe. (…)

Vous pouvez aussi croire que l’art de vivre consiste à vous améliorer ainsi que les circonstances de votre vie. Si vous êtes pauvre et affamé, un toit au-dessus de votre tête, et un repas par jour peut constituer cela pour vous. Si vous êtes assez chanceux pour vivre dans une situation où vos besoin fondamentaux sont couverts, vous poursuivrez probablement votre bonheur et satisfaction à travers les relations, l’acquisition de biens matériels et votre statut social.

Quand cela ne suffit plus, il se peut que vous deveniez ce qu’on appelle un chercheur. Un chercheur est quelqu’un qui sent que le monde soi-disant matériel ne peut pas offrir un contentement vrai et durable et qu’une dimension intérieure doit être explorée pour trouver la paix, l’illumination ou la réalisation du Soi.

Extraits du chapitre 3 :

L’illumination, ou la réalisation de Soi, n’est pas quelque chose qui existe pour quelques élus. Ce livre maintient que c’est votre vraie nature, ici et maintenant. Bien que ce soit une bonne idée de le lire depuis le début, il n’est pas, ni ne peut être, un manuel linéaire sur comment-atteindre-l’illumination. Il ne s’agit pas non plus de développement personnel ou d’acquisition de connaissance. Il traite du paradoxe de se rappeler de ce qui n’a réellement jamais été oublié. Cela traite de qui et quoi vous êtes réellement, pas de ce que vous auriez pu être ou deviendriez si etc… Vous pourriez le concevoir comme un métier à tisser des mots en concepts qui pointent vers quelque chose qui brille depuis l’au-delà de la pensée conceptuelle.

Tout ce livre doit dire de façons diverses « C’est Cela, et vous êtes Cela », un point c’est tout. Si le lire une seule fois vous suffit, super ; mais si vous êtes un chercheur, ou simplement un amoureux du sujet, vous pouvez utiliser ce texte pour explorer ce message à travers des idées et des concepts tel que l’illumination, l’ego, l’intellect, le corps, la mort, les pratiques spirituelles, la position des enseignants, et votre identité de chercheur. Il parle de la surprise de reconnaître le mystère de notre identité réelle et collective et se rappeler le trésor gisant à l’intérieur. Il n’a pas pour objet de faire des conversions, ou remplacer de vieilles croyances et concepts par des nouveaux. Il ne traite pas de quelque chose que j’ai ou sais, mais que vous, non. Il parle de la pure Conscience, qui en définitive est tout ce qui est. Cela étant vrai, alors ipso facto, accepté ou refusé, qu’il y ait un chercheur apparent de l’illumination ou pas, vous êtes Cela.

Ce texte peut servir comme un petit coup de coude, qui, si délivré au bon moment, peut entraîner l’éveil de la même façon qu’une boule de neige peut déclencher une avalanche.