Swami Prajnanpad

Swami Prajnanpad

extrait 1 extrait 2

C’est son disciple Arnaud Desjardins qui fit connaître l’un des premiers l’enseignement de Swami Prajnanpad. Mais depuis, d’autres disciples font découvrir au public occidental leur propre vécu de cet enseignement dont voici, par les écrits deR. Srinivasan, quelques lignes. Elles sont intéressantes avant tout par leur simplicité. 

Se déséduquer: Abandonner les idées, opinions, préjugés, attirances et répulsions, oui-dires, superstitions, traditions, croyances… puis ensuite: 

Se rééduquer : Il faut calmement examiner ce qui est. Mettre de côté ce que vous n’avez pas examiné vous-même. Vous pouvez alors reconstruire une structure solide, juste et ouverte à la connaissance directe. Garder le vrai, éloigner le faux. Vous verrez alors que peu d’informations sont vraies. De première main. Les autres demandent complément d’informations. Mettez-les de côtés jusqu’à ce que vous ayez assez de documentation pour conclure, mais pas avant. 

La différence : La première grande vérité. Parmi les milliards d’êtres et de choses, aucune n’est tout-à-fait semblable à une autre. Alors évitons de faire des associations par analogie, et sachons voir ces différences. On voit des ressemblances qui n’existent pas. C’est dû au manque de raffinement de notre vue. Avoir une vision fixe et rigide du monde extérieur est l’expression de l’ignorance et la cause de tous nos malheurs. Tout change, tout est différent mais nous ne réussissons pas à le percevoir. Nous voyons toujours ce que nous voulons voir. C’est l’illusion (Maya), un voile devant nos yeux, qui nous empêche de voir ce qui est. Fondamentalement, ce qu’il faut voir, c’est que tout est différent. Je suis ici, tu es là. Les deux sont différents. 

Puisque tout est différent, personne ne peut s’attendre que l’autre agisse d’une manière particulière. Puisqu’il est différent, il ne peut que se comporter différemment. Il ne pourrait agir de la manière qui vous convient que s’il était vous, ce qui n’est pas le cas et si la situation dans laquelle il se trouve était la même que vous. Ainsi il faut essayer de comprendre les autres plutôt que de leur attribuer le qualificatif de bon ou mauvais. C’est ainsi que vous pouvez dépasser les différences et percevoir le caractère unique de chaque chose. 

Le changement : Deuxième grande vérité. Tout change partout et toujours. Ce qui rajoute une nouvelle dimension au déploiement des différences. Le changement, c’est la différence dans le temps. Y a-t-il une base derrière ces apparences ? Quelque chose de permanent ? Oui. C’est l’arrière plan sur lequel se produisent tous ces changements qui est réel. La vision qui perçoit le changement ne change pas. Ceci est permanent. 

Aussi faites en sorte de percevoir et ressentir le changement dans chaque chose. Alors rien ne vous affectera, ne vous bouleversera, parce que vous savez que tout est simple phénomène et apparence. Quelle que soit l’apparence, vous demeurez calme, serein et désintéressé. C’est cela le samadhi : vous êtes lucide et non affecté. 

La vérité : Différence, changement… alors on ne peut comparer ! La comparaison est impossible ! Qu’est ce que la vérité ? Tout ce qui est, est la vérité. Vous êtes et donc, vous êtes la véritéLa vérité est ici et maintenant. Acceptez ce qui est et essayez de comprendre plutôt que de souhaiter que cela soit différent. Percevez cette différence, ce changement et adaptez-vous en conséquence. « Seule la vérité triomphe, l’illusion, jamais ! » (Mukunda Up.) 

La cause et l’effet : Personne n’a jamais entendu parler d’un effet sans cause ni d’une cause sans effet… Quand quelque chose que vous ne voulez pas arrive, essayez de trouver pourquoi c’est arrivé. Rien n’arrive au hasard. Tout dépend d’une cause. Si vous ne voulez pas de cet effet, supprimez la cause ! Si c’est impossible, alors, c’est votre lot, il faudra l’accepter ! Pouvez-vous dire, non ce n’est pas arrivé ? Non, vous ne pouvez pas, puisque c’est là, alors, vous devez l’accepter, complètement, avec tout votre coeur. 

La dualité dans la nature. Il y a un changement continuel dans le monde extérieur. La vie et la mort se côtoient. Il y a la lumière et l’obscurité, le soleil et l’ombre, le plaisir et la douleur, la chaleur et le froid, l’amour et la haine etc… Ces opposés sont innombrables. Mais nous aimons certains et détestons les autres. Nous voulons les bons , pas les mauvais. Nous avons soif de plaisir, détestons la souffrance. 

Mais la vie se compose de toutes ces expériences: bonnes et mauvaises, difficiles et faciles, simples et complexes. Nous voulons l’agréable et pas le désagréable. Ainsi, nous appauvrissons nos vies. Vivre, c’est tout expérimenter. Nous voulons le miel et pas la piqûre de l’abeille. La mère désire un enfant, mais pas les douleurs de l’enfantement. Ceci est dû à l’ignorance. Le plaisir ne va pas sans la peine. C’est uniquement quand nous connaissons la peine que nous pouvons apprécier le plaisir. Seul l’homme qui a souffert de la chaleur du soleil peut apprécier la fraîcheur de l’ombre. 

De plus rien n’est mauvais ou bon entièrement, absolument. Il y a seulement des différences. Le venin de cobra peut être mortel, et aussi sauver des vies dans d’autres circonstances thérapeutiques. Tout est relatif, autrement dit. Le bien et le mal sont relatifs. Ce qui est bien pour l’un est mal pour l’autre. Et chaque chose est un mélange de bien et de mal. Doncacceptez la réalité comme elle s’exprime dans la dualité et adaptez-vous en conséquence.

L’unité de l’existence. Que voyez-vous autour de vous ? Partout un effort vers l’unité, vers la destruction de tout ce qui sépare l’homme de l’homme. Consciemment ou inconsciemment, nous cheminons vers l’unité, car nous savons que l’unité est le bonheur et la séparation la souffrance. Une action qui mène à l’unité est juste, celle qui mène à la séparation est mauvaise. Ce n’est qu’une fois transcendé les différences et les changements que le sage devient un avec tout.

Le mental. Il est ce qui vous éloigne de la réalité. Vous devez toujours vous orienter ici et maintenant. Le mental prend toujours l’apparence pour la réalité. Comment savoir si nous voyons la réalité ou l’apparence ? Si nous éprouvons unsentiment d’unité, c’est que nous voyons la réalité. Si nous avons l’impression d’être séparé de ce qui nous entoure, c’est que nous voyons l’apparence. La différence est uniquement dans l’apparence. L’apparition de l’émotion est le test qui signe la présence du mental.  
 

L’inconscient. Il joue dans nos vies un rôle plus grand que nous croyons. Nous devons le découvrir à la lumière de la conscience. Ne rien censurer. Donc ne pas dire ceci est bien ou mal… Gardez l’esprit ouvert; soyez prêt à recevoir tout ce qui vient. Acceptez « ceci est à moi ». Alors tout deviendra conscient. Soyez à l’aise et parfaitement réconcilié avec ce que vous êtes. Quel que soit le désir, laissez-lui une place. Puis essayez de voir si ce désir a été comblé. Voyez pourquoi il disparaît. Un esprit divisé entre une partie inconsciente et une autre consciente ne peut jamais voir les choses comme elles sont. 

La mémoire. La mémoire est l’ingérence du passé dans le présent. Le passé s’introduit en force simplement parce qu’il n’a pas été complètement accepté. Au moment où nous l’acceptons, nous en devons libre. La souffrance, les soucis, la tristesse apparaissent parce que l’on refuse ce qui arrive, ce qui est. 

L’émotion. témoigne du refus du passé, et du présent. Acceptez le passé, ainsi, vous pouvez accepter le présent. Quand nous voyons une chose comme elle est, nous n’éprouvons ni émotion ni excitation, mais au contraire un sentiment d’unité avec elle. La passion dans l’affirmation ou la négation est le signe que quelque chose, quelque part, ne va pas. Le sentiment n’est pas l’émotion. Il unit alors que l’émotion sépare. Il ne laisse pas de trace derrière lui… 

LE DESIR 

Les désirs naissent de la double croyance que l’on peut obtenir quelque chose d’un autre et que l’on peut le garder de façon permanente. Ces deux croyances sont fausses. Personne ne donne jamais rien. L’autre ne donne que s’il obtient lui-même ce qu’il veut. Aussi vous faut-il donner d’abord. Et ce faisant, nous ne sommes pas sûrs que l’autre a reçu réellement; cela peut le laisser indifférent. Ensuite, croire que nous pourrons garder quoi que ce soit, c’est faire fi de l’impermanence de tout ce qui est. Alors, voyant cela, nous ne sommes plus emportés par le désir. Mais tant qu’ils sont là, ces désirs, nous devons les accueillir. Nous ne devons surtout pas les refouler, mais les réaliser consciemment et voir où ils nous mènent. Si le résultat est positif, nous pouvons les garder. S’ils entraînent de la souffrance, alors ils doivent disparaître. 

LA TENSION          (retour)

La tension enferme dans la souffrance. Ouvrons-nous, libérons les tensions à mesure par la lucidité. Ouverts, nous sommes libres. Quand vous êtes complètement ouverts, l’intérêt de chacun devient votre intérêt, vous êtes un avec le monde entier. 

L’EGO 

L’ego est ce qui nous fait dire: « c’est à moi!  » C’est la projection sur l’extérieur. C’est la réaction du désir ou du refus, autrement dit l’émotion. Ex-movere, se meut vers l’extérieur (de soi). L’ego est la subjectivité, au sens courant du terme. Tout rapporter à moi. On ne peut connaître quelque chose qu’en l’expérimentant, et pour ce faire, nous devons lui dire oui, l’accueillir. Ainsi quand il n’y a pas d’effort ni pour courir vers, ni pour fuir, on sent que l’on est avec ce qui est. De même quand vous faites un travail, vous devez être totalement présent. Si vous mangez, alors  » vous mangez « . C’est tout. Ne vous préoccupez pas ni de celui qui mange, ni de ce qui est mangé. Seulement  » mangez « . Le  » vous  » disparaît. Pareillement, si vous faites un modèle et vous êtes modéliste, il n’y a que l’action de faire un modèle. Il n’y a pas d’ego ni de modèle. Ainsi, à n’importe quel moment, il y a seulement  » ce qui est en train d’être « , il y a seulement Brahman. Seulement  » Un sans second « . 

LA SOCIETE 

Le sentiment d’appartenance sociale vient de la réalisation du fait que nous ne pouvons vivre sans les autres. Au début, les autres existent pour nous-mêmes. Mais rapidement, nous réalisons que nous ne pouvons pas prendre sans donner en retour. Aussi y a-t-il une relation avec les autres, où l’on donne et où l’on reçoit. Puis l’homme devient vraiment adulte; il trouve plus de satisfaction à donner qu’à recevoir. La véritable maturité de l’adulte est tout donner, ne rien prendre. 

Vous ne pouvez garder le mental sur ce que vous êtes, le Soi. Mais essayez plutôt d’être libre du mental; cela vous conduira au Soi. 

LA QUETE DE SOI 

Si seulement nous avions la patiente d’examiner ces fausse identifications et d’atteindre le but suprême, nous nous verrions nous-mêmes comme conscience pure, calme et sereine. Nous devons partir de ce qui est sous nos yeux. Suis-je ce corps? Sans attente, désir et sans refus, observez… Si l’expérience vous montre que vous n’êtes pas ce corps, alors vous pourrez le dépasser. Et ainsi de suite pour les formes subtils de l’être individuel. Se débarrasser de tout ce qui est matière grossière ou subtile est l’essence de la quête. 

PROGRESSER             (retour)

Chose naturelle, mais un pas après l’autre. Concentré dans l’instant. Sans comparaison avec le progrès des autres. Acceptez ce que vous avez fait: c’est exactement ce que vous pouviez faire, toute causalité intégrée. L’erreur est naturelle. La nature elle-même fait mille erreurs pour réussir une seule chose… 

Personne ne peut vous connaître et donc personne ne peut parler de vous. Chacun a des pensées à votre sujet et exprime ses opinions sur l’image qu’il s’est faite de vous et non sur vous. Alors, pourquoi vous troubler? Vous devez rester calme et silencieux comme s’ils parlaient de quelqu’un d’autre. 

VOIR ET PENSER 

Voir et penser sont très différents: on pense avec le mental et on voit avec la faculté de perception. Le mental projette le je sur l’objet, lequel est comme caché sous la pensée. Cessez de penser, car penser déforme votre vision et vous empêche de voir les choses comme elles sont. En pensant, nous jugeons: c’est bon ou mauvais, juste ou faux. Quand nous voyons les choses comme elles sont, il n’y a ni attirance, ni répulsion. Ce que vous voyez est en vous. Finalement, tout est en vous, c’est cela l’infini. Quand nous pensons à quelque chose, c’est que nous la désirons ou que nous la refusons. Mais si nous la prenons, nous prenons à la fois la positif et le négatif de cette chose, ce que malheureusement nous occultons souvent. La chose doit être vue comme un tout, sereinement on prend ou on laisse.  
 

Si vous voulez découvrir encore quelques citations de l’enseignement de Swami Prajnanpad, voici une autre page qui poursuit celle-ci
« Extraits d’entretiens avec Swami Prajnanpad »
 
Contact : son principal disciple français : 
Arnaud  Desjardins. Hauteville. 
07800. St-Laurent -du-Pape.
tel : 04 75 62 29 29.

 

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Où échanger sur l’enseignement de Swami Prajnanpad? A l’Association « les amis d’Hauteville » (Ashram d’Arnaud Desjardins à Hauteville)


SWAMI PRAJNANPAD

 

ACCEPTEZ-VOUS VOUS-MÊME

 

IDENTIFICATION

SE DÉBARRASSER DU « JE »

JUGEMENTS DE VALEUR

LAISSEZ LE PASSE LA OU IL EST

LA CONSCIENCE DU CORPS

RELATION AVEC LES ENFANTS

NE CRÉEZ PAS UN SECOND

MEFIEZ-VOUS DE L’IDÉALISME

  TOUT ARRIVE POUR LE MIEUX

ACCEPTEZ-VOUS VOUS-MÊME  Retour

Ce que vous êtes, vous l’êtes ! Acceptez-le avec tout votre être et pas seulement intellectuellement. Les circonstances sont comme elles sont parce que c’est ainsi que vous les avez faites. C’est le but que vous avez poursuivi dans le passé. C’est donc à vous. Il vous appartient. Il n’est pas question de ne pas accepter ce qui est à vous. Vous l’avez demandé et c’est venu.

Ne vous rejetez pas vous-même en tout ou en partie. Si vous le faites vous ne pouvez plus être vous-même. Si vous vous rejetez vous-même, comment pouvez-vous accepter les autres ? Ce que vous voyez à l’extérieur n’est qu’une projection de vous-même. Le monde entier tel que vous le voyez n’est qu’une projection de vous-même. Vous ne voyez que vous-même partout.

Aussi, acceptez émotionnellement chaque chose y compris vous-même et voyez intellectuellement ce qui peut être fait si quelque chose peut être fait. Dans la réalité, faites-le. Puisque cela vous est arrivé, vous ne pouvez pas l’annuler. Alors ? Acceptez-le. Dites oui à toute chose. C’est à vous. C’est là.

Il faut accepter ou rejeter. Si vous ne pouvez pas dire oui, dites non. Il n’y a rien entre les deux. Entre les deux est une illusion. « J’accepte mais…  » C’est un mensonge. Ce  » mais  » est émotionnel. Si vous avez accepté, vous avez accepté de tout votre cœur et complètement. Si vous êtes incapable d’accepter ce qui arrive, rejetez-le, c’est-à-dire voyez la cause pour laquelle c’est arrivé et cherchez à éliminer cette cause. Si la cause est éliminée, l’effet disparaîtra également. Si, toutefois il ne vous est pas possible d’éliminer la cause de ce qui arrive, laissez-la. Acceptez-la comme vous appartenant et expérimentez-la. Le plaisir et la peine, le chaud et le froid sont les deux aspects d’une même chose. Si vous avez un furoncle qui vous gratte, cela vous gratte. Un point c’est tout. A partir du moment où vous vous identifiez avec celui-ci il se met à vous faire mal, ce qui signifie que vous ne l’acceptez pas, bien qu’il soit là. La vérité (Tattvam) est ce qui est. Connaître la vérité, c’est voir ce qui est sans vous identifier ni vous projeter. L’accepter, c’est en faire une part de vous-même. Quand ce qui est, est une part de vous-même, comment pouvez-vous ne pas vous sentir à l’aise avec ce qui est ?

Une histoire.

N’ALLEZ PAS AU-DELA DE VOS POSSIBILITÉS

Prenez l’exemple de la promesse que vous avez faite à votre fille de lui acheter une Vina si elle arrivait à être la première quand elle était en classe de troisième. Elle y est arrivée et vous n’avez pas tenu parole, aujourd’hui elle est devenue étudiante. Vous n’avez pas tenu parole, ce qui signifie que vous vous êtes tué vous-même. Cela montre que votre promesse excédait vos possibilités, que vous avez été emporté par l’émotion. Vous n’avez pas été fidèle à vous-même. Vous n’avez pas été le maître de la situation. Si vous avez promis, exécutez votre promesse. Cela vous permettra de mesurer vos limites et ainsi vous ne promettrez ni plus ni moins que ce que vous pouvez accomplir. Même si votre fille dit que l’achat peut être remis à plus tard, ne cédez pas. Ce n’est pas son problème. Ne remettez pas davantage à plus tard. Votre dignité d’homme est en jeu. Achetez la Vina, maintenant pour votre fillemême si vous devez vous priver de nourriture. (Après cette remontrance, j’achetai la Vina et la donnai à ma fille malgré la situation financière très difficile où je me trouvais. Mais j’étais heureux. Après tout, j’avais accompli ma promesse avec huit ans de retard). 
 

IDENTIFICATION  Retour

S’identifier c’est projeter son petit moi partout. Vous ne connaissez que . vous-même; quand vous voyez un autre, au lieu de le voir, c’est vous-même que vous voyez. Vous dites couramment:  » Il n’aurait pas dû agir ainsi « . Ce qui est une manière de supprimer l’autre. Vous refusez de lui concéder une existence séparée. Puisque chaque chose est différente et distincte d’une autre, il ne saurait y avoir de comparaison. Vous ne pouvez pas voir l’autre, si vous vous projetez en surimposition sur lui. Vous vous voyez partout, et tout devient terne et monotone. Mais si vous reconnaissez:  » Il est différent « ,  » ceci est différent « ,  » cela est différent  » etc… tout sera en vous et vous, vous deviendrez vaste, tolérant, compréhensif, incluant tout, pénétrant tout. Vous n’éprouverez plus ni déception, ni souffrance.

 » Quel égarement, quelle souffrance y a-t-il pour le sage qui voit l’unité de l’existence et perçoit tous les êtres en lui-même « .

Isha Upanishad-7

Le problème c’est l’identification avec le corps ou le concept. Il n’y a pas d’hindou ni de musulman dans le vrai sens du terme. Pendant les émeutes, des hindous ont protégé des musulmans et vice versa. Immédiatement, ils sont devenus ennemis de leur propre communauté. Simplement parce que vous offrez un abri à un musulman, vous étiez traité comme un musulman. Le concept devient une entité, l’entité devient l’ennemi.

De même, pendant la guerre. Tout individu étranger à la nation devient un ennemi et est traité en tant que tel.

L’identification avec le corps ou le concept est à la racine de tous les problèmes. L’action juste ne peut avoir lieu qu’en l’absence d’identification. Chaque situation doit être appréciée en fonction de son caractère particulier. L’inertie du passé, des habitudes, ne doit pas dominer votre intelligence. L’intelligence doit analyser chaque situation comme elle est, considérer le pour et le contre sans faire de projections personnelles ni opérer d’amalgames, sources de confusion.

S’identifier à une appellation est tout aussi fréquent. Une fois, un conférencier musulman raconta que tous ses parents au Bhilai avaient été massacrés. Immédiatement tous les hindous présents s’écrièrent que c’était faux. Comment pouvaient-ils le savoir ? Ils se sont simplement identifiés avec les hindous contre les musulmans. Bien que le conférencier fût leur collègue depuis des années, ils l’avaient séparé d’eux-mêmes, en lui attribuant le qualificatif de « musulman ».

Après tout, personne n’est en réalité un hindou ni un musulman. Cependant ces appellations suffisent à nous rendre inhumains. Alors nous nous identifions à des concepts ou à des appellations, nous oublions d’être nous-mêmes et notre action devient contre nature. Car, après tout, quel est ce « Je » sur lequel toutes nos actions sont fondées ?  » Je  » n’est rien d’autre que l’action de s’identifier avec quelque chose de matériel ou de conceptuel. Dès qu’une telle identification a lieu, le sentiment de séparation d’avec les autres s’ensuit. On se trouve en conséquence en conflit avec toutes les autres choses avec lesquelles on ne s’est pas identifié. 
 

SE DÉBARRASSER DU « JE »   Retour

Q. Est-ce qu’il ne faut pas connaître l’origine du  » Je  » et ses ramifications avant de pouvoir s’en débarrasser?

R. Pourquoi vous en débarrasser? Vous prétendez que le « Je » vous fait souffrir. Mais le savez-vous ? Vous devez le savoir et le sentir avant de vous demander comment vous en défaire. Un homme qui a reçu une flèche dans la poitrine ne demande pas d’où elle vient ou qui l’a envoyée etc…, il l’enlève pour soulager sa douleur. Votre question ressemble à celle du garçon qui demande un jour de congé au maître, parce que sa mère lui a dit qu’il avait Mal à l’estomac. 
  
 

JUGEMENTS DE VALEUR   Retour

Q. N’y a-t-il pas des difficultés pour reconnaître ce que je suis?

R. Oui, elles sont dues à l’inconscient. Et l’inconscient est dû au fait que vous n’acceptez pas ce que vous êtes. Et ce refus est dû au censeur qui rejette ce qui est mal et accepte ce qui est bien. Ce sont vos jugements de valeur qui vous empêchent d’accepter le présent et d’accepter ce que vous êtes. 
  
 

LAISSEZ LE PASSE LA OU IL EST   Retour

Q. Le problème que j’ai, c’est que je vois certains aspects d’une chose et je me sens provisoirement heureux et satisfait. Puis j’oublie et je passe à autre chose. Ceci se reproduit sans cesse. Je n’arrive pas à rendre les choses miennes et permanentes. Je ne suis pas enthousiaste dans la vie.

R. Pourquoi dites-vous que vous n’êtes pas enthousiaste ? Vous manquiez d’enthousiasme dans le passé, mais c’est fini maintenant. Rappelez-vous qu’à chaque instant il y a un changement. Votre manière de parler montre que vous ne reconnaissez pas le fait du changement. Vous utilisez encore le temps présent « je suis « . Énoncez-vous une vérité générale? Voulez-vous dire que vous n’étiez pas enthousiaste, que vous ne le serez pas dans le futur non plus ? Absurde. La manière correcte de parler c’est de dire  » Je n’étais pas enthousiaste dans le passé. Pour le futur, nous verrons « . Laissez le passé là où il est. Quoi que ce soit que vous fassiez, soyez absorbé dans votre activité. Quand vous dites que vous ne vous sentez pas enthousiaste, vous vous êtes en train de comparer votre état présent et votre état passé. Laissez toujours le poids du passé derrière. Ne dites pas « je dois le faire complètement « , tout ce que vous faites est complet en lui-même. Allez de plénitude en plénitude. Vous jugez et vous critiquez uniquement quand vous comparez le présent au passé. 
  
 

LA CONSCIENCE DU CORPS  Retour

Q. N’est-il pas nécessaire d’éloigner le mental des objets des sens ? Est-ce que nous ne devenons pas conscient du corps précisément en nous attachant à ces objets ?

R. Pourquoi vous inquiéter de la conscience du corps et du reste? Vous avez un corps. N’est-ce pas? Il faut le nourrir et s’en occuper. Faites-le. Quand vous vous servez d’un bâton, devenez-vous conscient du bâton? Non. Vous l’utilisez si nécessaire et le laissez de côté quand vous en avez fini. De même pour le corps. Puisque vous avez un corps, faites tout ce qui est nécessaire pour lui. 
  
 

RELATION AVEC L’ENFANT   Retour

Quand un enfant demande conseil, éclairez la situation autant que possible et laissez l’enfant décider. Il faut encourager l’enfant à trouver, à faire l’expérience. Il faut donner à l’enfant les trois L: Amour (Love) – Lumière(Light) et Liberté (Liberty). La liberté est le plus important des trois parce qu’en général, les adultes s’imposent aux enfants et les empêchent de grandir. L’éducateur ou le parent ne doit pas s’imposer et essayer de conformer l’enfant à lui-même. Ne faites pas de l’enfant un automate. Ne craignez pas que l’enfant fasse des erreurs. C’est seulement en faisant des erreurs, qu’il peut entrer en contact avec la réalité.

Si un enfant a tendance à mentir, laissez-le faire et faites-lui comprendre ce qu’est le mensonge et à quoi cela mène. L’enfant doit être libre de faire l’expérience et de se convaincre lui-même. Mieux vaut qu’il fasse une erreur que de respecter les apparences. Le rôle de l’éducateur est d’encourager l’enfant à faire des expériences et à en tirer ses propres conclusions.

 

Dès qu’un enfant sent que vous ne lui voulez pas de mal et que vous êtes avec lui, et non contre lui, il aura confiance en vous. Expliquez autant que nécessaire « si tu agis ainsi, il en- résultera cela, si tu t’y prends autrement, il en résultera autre chose « . Puis permettez à l’enfant de faire ce qu’il lui plaît. Acceptez son choix.

Alors il sera convaincu que ce que vous avez indiqué était vrai. Après plusieurs expériences de ce type, la confiance de l’enfant grandit. Il sent qu’il peut s’appuyer sur vous. Dans le futur, il acceptera plus facilement votre avis.

« Jusqu’à l’âge de cinq ans, l’enfant doit être traité comme un roi, ensuite comme un serviteur pour une durée de dix ans. Au moment où l’enfant atteint seize ans, il doit être traité comme un ami « 

Loi de Manu

On dit aussi que lorsque l’enfant vous arrive à l’épaule, il devient un ami.

Les six premières années sont cruciales pour développer ou gâter un enfant. Après six ans, on peut influencer son développement, mais très peu. La période de formation d’un enfant sont les six premières années. Alors le moule est façonné. C’est pourquoi l’école maternelle est si importante. Elle doit être dirigée par un fin psychologue. La plus grande influence sur l’enfant vient de la mère. Il est dit: 
L’instituteur vaut dix fois le guru Le père vaut cent fois l’instituteur La mère vaut mille fois le père.
 
C’est pourquoi les femmes doivent être éduquées particulièrement dans l’art d’élever les enfants.
 
  
 

NE CRÉEZ PAS UN SECOND   Retour

« Il y a seulement un, sans second « .

La réalité est une, seulement une et il faut l’accepter. Il n’y a pas de choix, parce que la réalité est une. Mais le mental ne veut pas accepter la réalité une et il en crée une seconde dans son imagination. Il compare alors sa création avec la réalité et bataille avec elle. Mais ce qui n’est pas réel n’existe pas. Et voilà la souffrance. Il y a un conflit entre ce qui existe et ce qui a été créé par le mental. Ce conflit engendre le malheur, la souffrance, la détresse. La cause de cette souffrance est la création d’un second. Nous créons un second et nous souffrons.

Certaines personnes font voeu de chasteté. Mais après quelque temps, elles se mettent à éprouver des besoins. Mais elles ont fait un voeu et le conflit apparaît. Le besoin et les sensations sont réels, le voeu est irréel, parce qu’il a simplement été créé par le mental. Le conflit entre ce qui est et ce qui n’est pas commence. Le besoin est réel. Essayez de vivre avec la réalité plutôt que d’essayer de la supprimer pour la rendre conforme à une idée préconçue. Vivre avec la réalité, c’est l’accepter. Si le mental crée quelque chose d’autre il y a conflit entre ce qui est et ce que le mental a créé. Le résultat c’est la souffrance parce que la réalité ne peut disparaître à cause d’un souhait, parce que l’irréel ne peut pas se mettre à exister. Si on veut être heureux, il faut être à l’aise avec ce qui est arrivé et ce qui arrive, c’est-à-dire avec ce qui est vrai. En d’autres mots, on doit tout accepter. Il y a seulement un et pas un second. Si on réalise cela, on perçoit la vérité. Mais le mental invariablement crée un second et en recouvre la réalité. Alors il voit ce qui recouvre la réalité et se sent mal. 
 

MEFIEZ-VOUS DE L’IDÉALISME   Retour

Méfiez-vous de l’idéalisme parce qu’il vous divise contre vous-même. Le réel doit être l’idéal. A tout moment, demandez-vous ce que vous voulez. Soyez clair quand à votre objectif et quand vous l’êtes, agissez avec une attention non divisée. « Oui, ceci est à moi. Je le ferai de tout mon coeur », voilà quel doit être votre sentiment. La perfection, ce n’est pas de faire quelque chose de grand ou de beau, mais de faire ce que vous êtes en train de faire avec grandeur et beauté. Si vous n’apprenez pas vos leçons maintenant, vous ne pourrez pas apprendre les leçons de la classe supérieure, quand vous y serez. Vous devrez étudier alors ce que vous avez laissé de côté.

Votre idéalisme n’est rien d’autre qu’une manière de rejeter. Vous vous séparez des autres et vous appelez cela de l’idéalisme. Votre idéalisme vous semble précieux. Pareillement l’idéalisme d’un autre lui paraît précieux. C’est parce que vous rejetez tout ce qui n’est pas vous que vous ne tolérez pas l’idéalisme des autres. Les communistes combattent les capitalistes. Les hindous se battent contre les musulmans parce qu’ils pensent que leur religion est supérieure. Ce processus de séparation produit uniquement de la souffrance. Chacun a droit à son idéal particulier. Il faut l’accepter et agir en conséquence.

Quand vous êtes avec un autre, vous devez être avec son idéalisme. Si vous n’arrivez pas à apprécier son idéalisme, vous devez au moins le tolérer. Tous les idéalismes de gauche ou de droite doivent être respectés. Ne vous enfermez pas dans un idéalisme particulier. Si vous posez un idéal et que vous ne pouvez pas l’atteindre, vous serez triste et déçu. Méfiez-vous de la formulation d’un idéal.

Cherchez plutôt à vous épanouir dans le présent. C’est la méthode la plus rapide pour progresser. Si vous êtes menuisier, faites de votre mieux en tant que menuisier et un jour, vous vous retrouvez parmi les meilleurs spécialistes de la profession. Viser trop haut n’apporte que déception. Le réel est Vrai, l’idéal est un mensonge. Les Écritures proclament que le chemin vers Dieu est pavé de pierres de vérité.

 » Le chemin vers Dieu est pavé de pierres de vérité « .

Mundaka Upanishad 3-1-6

Aussi pour faire des progrès, il faut savoir où l’on se trouve, dans quelle direction il faut aller pour avancer. Alors de toute sa force on prend appui sur le sol à l’endroit où l’on se trouve. Le progrès sera rapide si l’on appuie fermement. Si on est endormi ou négligent ou si on va dans la mauvaise direction, le progrès sera lent ou retardé. Un étudiant doit prendre le temps d’étudier et de travailler chez lui. Il ne doit pas jouer toute la journée, bien que le jeu soit une activité on ne peut plus normale à cet âge. Le progrès sera rapide si le temps est judicieusement partagé entre le travail, les études, le jeu et la récréation.

 

TOUT ARRIVE POUR LE MIEUX   Retour

Vous devez vous rappeler que tout ce qui arrive, arrive pour le mieux. Il y a une distribution divine des choses. Votre vie eût été appauvrie sans toutes les choses qui vous sont arrivées. Aussi tout doit être accepté, le bon et le mauvais. En fait, vous n’avez pas le choix. Si vous voulez le bon, vous aurez le mauvais aussi. Chaque chose a deux aspects. Si vous voulez le côté face d’une pièce, vous devez prendre le côté pile aussi. C’est inutile d’attendre seulement du plaisir. Le plaisir et la peine vont toujours de pair. Il faut prendre les deux, ou rien du tout. Quand une chose arrive, acceptez-la d’abord. C’est la vérité. C’est arrivé. Pouvez-vous la refuser et dire que ce n’est pas arrivé? Non. Après avoir pleuré et vous être lamenté vous allez accepter en tout état de cause. Pourquoi ne pas l’accepter dès le début ? Dites  » oui  » à tout. Quand vous acceptez de plein gré une chose, il n’y a pas de souffrance.

La peur doit être bannie de votre vie.

La peur que quelque chose arrive est pire que la chose elle-même. Les peureux meurent bien des fois avant l’heure de leur mort. La peur doit être bannie de votre vie car elle est irrationnelle et bloque l’action.

 » On regarde en avant et en arrière et on languit pour ce qui n’existe pas « . (Shelley)

Où échanger sur l’enseignement de Swami Prajnanpad? A l’Association « les amis d’Hauteville » (Ashram d’Arnaud Desjardins à Hauteville)