Nisargadatta Maharaj

Dialogue du 31/8/1979 entre Sri Nisargadatta Maharaj et un américain.

Extrait de « Graines de Conscience », Ed. »Les deux océans » , Paris 1983.

« M: De quel pays êtes-vous et qui vous a conseillé de venir ici?

Q: Je viens d’Amérique. J’ai été dans des Ashrams où j’ai rencontré des personnes qui m’ont parlé de Maharaj. Je suis donc venu. Cela fait des années que j’étudie les différents systèmes philosophiques.

M: Cela n’a pas de sens. Si vous n’avez pas de miroir où vous regarder, à quoi bon?

Q: Un miroir, voilà ce que je cherche!

(…)

M: Toute connaissance que vous acquérez sur vous-même est absolument juste. Il est inutile de demander confirmation à quiconque.

Q: Je rencontre des obstacles.

M: C’est au-delà des obstacles. Celui qui connaît les obstacles les renverse.

Q: En entendant parler Maharaj, un sentiment de grande joie me gagne.

M: Cette joie momentanée ne vous est absolument d’aucune utilité.

Q: Peut-être ne l’ai-je pas découvert, mais je suis heureux de vous l’entendre dire.

M: Toutes vos idées vous enchaînent. Une fois que vous aurez compris que la connaissance n’existe pas, qu’elle n’est qu’ignorance, vous serez au niveau qu’il faut.

Vous pensez que je détiens la connaissance, mais ce n’est là qu’une idée. Pour parler franchement, je n’ai de connaissance d’aucune sorte. Cela est au-delà de toute imagination, Cela n’a pas d’attributs. Cela n’est absolument pas imaginable.

Sans la connaissance, je suis vraiment très heureux. Quand on entretient l’idée « j’ai toute la connaissance », elle croît de jour en jour, mais cette connaissance ne donne ni paix ni plaisir d’aucune sorte. La connaissance tournoie violemment autour de moi avec plusieurs de ses attributs, mais je ne suis pas la connaissance. On dit à l’homme qu’il est de son devoir d’acquérir la connaissance, mais un jour il arrivera à comprendre qu’elle est parfaitement inutile pour parvenir au but ultime.

Q: Qu’est-ce que Dieu.

M: tout ce que vous voyez est Ishwara (Dieu).

Q: Ce que je vois autour de moi est le monde.

M: Tout est Ishwara, jusqu’au plus infime atome. Dans une grande ville comme Bombay, les canniveaux sont pleins de détritus qui dégagent une odeur un certain temps, puis cette odeur se dissipe dans le ciel. Le ciel est là, éternellement, sans odeur ; il est pur et propre. Le corps humain n’est que saleté. Après un certain temps il disparaît, la saleté perd son odeur, plus rien n’en subsiste, elle n’est plus que ciel pur. Quant à vous, vous vous enchaînez au fil des jours avec vos concepts : « je suis né », je renaîtrai », et ainsi de suite, et ne quittez pas cet univers de misère.

Q: Comment puis-je en sortir ?

M: A moins de savoir ce que vous êtes, comment y arriverez-vous ?

Q : Nous savons que le ciel et le soleil prennent en charge la saleté de la terre. Qui me dira ce qui prendra en charge la mienne ?

M: N’acceptez plus aucune connaissance, quelle qu’elle soit. L’entrepôt déborde de concepts et d’idées. Ils sont tous de la saleté et par eux vous vous liez à la roue de naissance et de mort.

Q: Tous les concepts ne sont pas impurs : certains sont très beaux.

M: Rappelez-vous qu’ils sont nés en vous, qui êtes en fin de compte le produit de la saleté.

Vos concepts réunis dans un baluchon, vous vous affairez dans le monde.Vous n’êtes pas ce « je » qui va ici et là, arborant un air convaincu : « je suis comme ceci et comme cela ». Vous agissez sur la base du « je » qui n’existait pas avant la naissance de votre corps et qui disparaîtra à sa mort. Ce « je » limité par le temps, vous le considérez comme acquis. Transcendez les concepts et soyez sans idées. « 


 

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