Dzogchen Beun

Dzogchen Beun

BÖNPO DZOGCHEN  (yungdrung bön)

source d’information / PRATIQUE A SHENTEN (2014)

Bön et Bouddhisme au Tibet

Yungdrung Bön = le Beun Primitif qui représente une culture tibétaine pré-bouddhiste

Précisons : les enseignements Dzogchen émanent de deux écoles tibétaines non reformées, celle des bouddhistes Nyingmapas, et celle des non-bouddhistes Bönpos. Dans les deux cas, ces enseignements ont le même contenu, le même sens et la même terminologie. Chaque tradition se réclame avoir une lignée ininterrompue depuis le 8ème siècle, voire avant puisqu’on fait remonter l’origine du Dzogchen, selon la lignée Bön à 18000 ans.

Où serait né le Dzogchen Bôn? Eh bien, ni en Inde, ni au Tibet, mais en Asie Centrale. On l’a parfois assimilé à un Shamanisme primitif. L’important est qu’aujourd’hui, cette tradition existe toujours, avec deux centres principaux dans le monde, un à Katmandou et un autre en France, Shenten, situé à côté de Blou dans le Maine et Loire. C’est là que nous sommes allés recueillir cet enseignement, auprès de Yongdzin Tenzin Rinpoche et Khenpo Rinpoche (voir www.shenten.org).

 

Pour situer l’enseignement, et en particulier ce qui fait sa spécificité, voici un court extrait de « Dzogchen, l’état d’auto-perfection » de Namkaï Norbu Rinpoche ( lignée Nyingmapa) :

« La pratique de Dzogchen est dite « au-delà de l’effort » et, en effet, il n’y a nul besoin de créer, modifier, ni changer quoi que ce soit, mais seulement de se trouver dans la véritable condition de « ce qui est ». (…) L’expression « ce qui est » est utilisée dans les anciens textes Dzogchen et elle est synonyme de « non-corrigé », et d’autres termes qui indiquent le véritable état non-altéré, non-modifié, et non-corrigé. Corriger, modifier et ainsi de suite sont des fonctions caractéristiques de nos esprits dualistes et se retrouver dans un état non-corrigé signifie donc aller au-delà de l’esprit. Dans le Dzogchen, cela est non seulement vrai à l’étape finale de la pratique, comme dans d’autres traditions, mais c’est plutôt dès le départ qu’il faut tenter d’entrer dans la connaissance de « ce qui est ».

Dans le tantrisme, l’introduction à la nature originelle de l’esprit est la dernière étape de la pratique, après des phases de développement et d’accomplissement. Mais dans le Dzogchen, cette condition est introduite directement, non seulement au niveau de l’esprit, mais également au niveau de la voix et du corps, parce que pour être intégrés à la contemplation, tous les aspects de notre existence doivent être dans cet état non-corrigé.

Dans le « Grand Espace de Vajrasattva, l’un des principaux textes de la Série sur la nature de l’esprit, il est écrit que : « Corriger son corps ne s’applique pas au Dzogchen. Contrôler la position de son corps, garder le dos droit n’est pas la contemplation. » En conséquence de telles déclarations, certains ont accusé le Dzogchen de nier la valeur de la méditation assise, ou du contrôle de la respiration et de la position corporelle, et ainsi de suite. Mais le Dzogchen ne nie rien du tout et quand il est question de laisser le corps « non-contrôlé », la signification en est de simplement le laisser demeurer dans une condition authentique, non-corrigée, dans laquelle il n’est pas nécessaire de modifier ni améliorer quoi que ce soit. En effet, c’est l’esprit raisonnant qui nous pousse à corriger le corps et nos tentatives sont donc toutes fausses et artificielles. »

Commentaire: Ce qu’il faut comprendre, c’est que si nous goûtons l’état de « ce qui est » en buvant une tasse de café, il est inutile de foncer dans sa chambre s’enfermer pour rentrer en méditation, au contraire. C’est la position où nous sommes, n’importe où, quelle qu’elle soit, pourvu qu’elle soit naturelle, spontanée qui est la meilleure position. C’est ce qui permet, justement, d’intégrer dans la vie courante la Présence Naturelle.

Nous voyons bien l’intérêt de ce Dzogchen pour un occidental soixantehuitard qui cherche en spiritualité à incarner « l’interdit d’interdire », si j’ose dire. Il y trouve en effet une liberté, une spontanéité qui est vraiment rare en spiritualité, même les voies dites non-duelles. Ici, formidable, tout est parfait au départ, rien à changer, améliorer épurer ou quoi que ce soit…

Et pour compléter le tour d’horizon, voici une vidéo sur un enseignement classique du Dzogchen Beun, les 21 clous ou sceaux, vidéo en anglais traduite en français.