Bagavad Gita

La Gita
Dialogue entre Krishna et Ardjuna avant le combat mythique…

Ce dialogue est particulièrement important, car il montre comment on doit agir dans le monde, tout en étant contemplatif, et non pas retiré de l’action, assis sous un banian. Message très moderne!

« Tout comme l’habitant de ce corps traverse l’enfance, la jeunesse et la vieillesse, de même il passera dans un autre corps. Ceci ne trouble pas le sage.

Le contact des sens avec leur objets,  » fils de Kunti, engendre l’expérience du froid et du chaud, du plaisir et de la douleur. Transitoires, ils vont et viennent; Supporte-les patiemment,  » Bharata!

En vérité, il est digne de l’immortalité, l’homme inébranlable que ces contacts ne troublent pas, qui maintient un esprit imperturbable dans le plaisir et la douleur,  » toi le meilleur parmi les hommes!

L’irréel n’a pas d’être, le réel ne cesse jamais d’être. La vérité profonde de ces deux principes a été perçue ainsi par ceux qui voient la Réalité ultime.

Sache en vérité que Cela, par quoi tout ceci est imprégné, est indestructible. Nul ne peut oeuvrer à la destruction de cet être immuable.

On sait que ces corps ont une fin ; L’habitant de ce corps est éternel, impérissable, infini. Ainsi donc, combats,  » Bharata!

Celui qui le tient pour le tueur et celui qui le considère comme étant tué, ne perçoivent ni l’un ni l’autre la vérité. Il ne tue, ni n’est tué.

Il ne naît jamais, ni ne meurt; ni, ayant été, il ne cessera d’être. Non-né, éternel, perpétuel, ancien, Il n’est pas tué lorsque le corps est tué.

Celui qui le connaît comme étant indestructible, permanent, non-né, immortel, comment peut-il  » Partha, tuer ou pousser un autre à tuer?

De même qu’un homme se dépouille de vêtements usés pour en prendre des neufs, ainsi l’habitant de ce corps, se défaisant des corps usés, en prend d’autres qui sont nouveaux.

Les armes ne peuvent le transpercer, ni le feu le brûler; l’eau ne peut le mouiller, ni le vent le dessécher. Il ne peut être transpercé, ni brûlé, ni mouillé, ni même dessèché. Il est éternel, imprégnant toute chose, stable, immuable, toujours le même.

Il est dit être non-manifesté, inconcevable, non-changeant; par conséquent, le connaissant ainsi, tu ne devrais pas t’affliger.

Même si tu penses que constamment il naît, et que constamment il meurt, même alors, « , toi aux bras puissants, tu ne devrais pas t’affliger ainsi.

En vérité, la mort est certaine pour qui est né; et la naissance est certaine pour qui est mort; tu ne devrais par conséquent pas t’affliger de ce qui est inévitable.

Les créatures sont non manifestées au commencement, manifestées dans l’état intermédiaire et de nouveau non manifestées à la fin. O Bharata, qu’est-ce que cela a d’affligeant?

Celui qui habite dans le corps de chacun,  » Bharata, est éternel et invulnérable; tu ne devrais donc t’affliger pour aucune créature, quelle qu’elle soit.

Même si tu considères ton propre dharma, tu ne devrais pas hésiter car, ayant atteint l’équanimité, dans le plaisir et la douleur, dans le gain et la perte, dans la victoire et dans la défaite, lance-toi donc dans la bataille. Ainsi, tu n’encourras pas de péchers.

Ce qui a été exposé est la connaissance selon le Sankhya. Entends-la maintenant selon le Yoga. Et l’intellect établi grâce à cela,  » Partha, tu te libéreras de l’influence aliénante de l’action.

Dans ce Yoga, nul effort n’est perdu et nul obstacle n’existe. Même un peu de ce dharma délivre d’une grande peur.

Dans ce Yoga, l’intellect est résolu et focalisé, alors que l’intellect des irrésolus est divisé en maintes branches et sans cesse changeant. Un intellect résolu ne naît pas dans l’esprit de ceux qui sont profondément attachés au plaisir et au pouvoir.(…)

Le Veda traite des trois gunas. Sois en dehors des trois gunas, libre de la dualité, toujours ferme dans la pureté, détaché des possessions, installé dans le Soi.

Tu n’as de contrôle que sur l’action, jamais sur ses fruits. Ne vis donc pas pour les fruits de l’action. Ne t’attache pas non plus à l’inaction.

Etabli dans le Yoga, accomplis les actions, ayant abandonné tout attachement, l‘esprit devenu égal dans le succès ou l’échec, car l’égalité d’esprit est appelé Yoga.

Celui dont l’intellect est unifié s’émancipe lui-même du bien et du mal. Par conséquent, adonne-toi au Yoga. Le Yoga est l’habilité dans l’action.

Les sages dont l’intellect est véritablement uni au Soi, qui ont renoncé aux fruits de leurs actions et qui sont libérés des liens de la naissance, parviennent à un état dépourvu de souffrance.

Quand ton intellect aura franchi les marécages de l’illusion, tu deviendras indifférent à ce que tu as déjà entendu et à ce que tu pourrais encore entendre.

Quand ton intellect, déconcerté pas les textes védiques se tiendra inébranlablement dans le Soi, tu parviendras alors au Yoga.

Arjuna dit: « A quels signes reconnaît-on l’homme ont l’intellect est stable et qui est absorbé dans le Soi,  » Keshava? Comment un homme à l’intellect stable parle-t-il, comment s’assied-il, comment marche-t-il? »

Le Bienheureux Seigneur dit: Quand un homme a complètement rejeté tous les désirs qui ont pénétré dans son esprit,  » Partha, quand il est satisfait dans le Soi, par le Soi seul, on dit qu’il a un intellect stable.

Celui dont l’esprit demeure inébranlable au milieu des chagrins, qui, au milieu des plaisirs, est libre de convoitise, que l’attachement, la peur et la colère ont quitté, celui-là est appel‚ un sage à l’intellect stable.

Celui qui n’a pas d’inclinaison excessive envers quoi que ce soit, qui n’exulte ni ne répugne à recevoir le bien ou le mal, celui-là a l’intellect établi.

Et quand un tel homme retire ses sens de leur objet, comme une tortue rentre ses membres de tous côtés, son intellect est établi.

Les objets des sens délaissent celui qui ne s’en nourrit pas, mais le goût pour eux persiste. A la vue du Suprême, même ce goût cesse.

Les sens turbulents entraînent de force l’esprit, même de celui qui essaie de les contrôler. Les contrôlant tous, qu’il se tienne assis, s’étant unifié, Me regardant comme le suprême, car l’intellect de celui dont les sens sont soumis est établi.

En s’attardant sur les objets des sens, l’homme développe de l’attachement pour eux. De cet attachement naît le désir et du désir naît la colère. De la colère naît l’égarement, de l’égarement l’instabilité de la mémoire, et de l’instabilité de la mémoire la destruction de l’intellect. Par laquelle, il périt.

Mais celui qui a acquis la discipline de soi, qui vit parmi les objets des sens alors que ses sens sont affranchis de l’attachement et de l’aversion et demeurent sous son contrôle, celui-là accède à la « grâce ». Par la grâce prennent fin tous les chagrins. En effet, l’intellect de l’homme à la conscience glorifiée devient vite fermement établi.

Celui qui n’est pas établi n’a pas d’intellect stable et ne connaît pas la paix, ni le bonheur.

L’homme qui a acquis le contrôle de soi est établi au sein de ce qui est nuit pour les autres êtres. Ce dans quoi les êtres sont éveillés, est nuit pour le sage qui voit.

Celui en qui tous les désirs pénètrent comme les eaux dans la mer immobile et toujours pleine, celui-là connaît la paix, mais non pas celui qui chérit les désirs. Quand un homme agit sans passion, ayant abandonné tous les désirs, libre du sens du « je » et du « mien », il parvient à la paix. C’est l’état de Brahman. L’ayant atteint, l’homme ne peut s’égarer. Etabli en cela, même au dernier instant, il accède à la liberté éternelle de la conscience divine.

Arjuna dit: Si tu considères la connaissance supérieure à l’action,  » Janardana, pourquoi me pousses-tu à cet bataille terrible?

Le Bienheureux répond: Comme je l’ai exposé jadis, il y a en ce monde deux voies: Le Yoga de la connaissance pour les hommes de contemplation, et le Yoga de l’action pour les hommes d’action. Ce n’est pas en s’abstenant d’agir que l’homme parvient à la non-action; ce n’est pas non plus par le simple renoncement qu’il parvient à la perfection. Nul, en effet, ne peut exister, même un seul instant, sans accomplir d’action; car chacun est irrémédiablement poussé vers l’activité par les gunas de la nature.

Celui qui reste assis, réprimant les organes d’action et dont l’esprit est absorbé dans les objets des sens, se trompant lui-même, peut être appelé hypocrite. En revanche, celui qui, contrôlant les sens par l’esprit engage sans attachement ses organes dans le Yoga de l’action, celui-là excelle,  » Arjuna! « 

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